Quel a été l’impact réel du départ de Plekanec, jusqu’à maintenant?

Depuis le départ de Tomas Plekanec, le Canadien s’en est bien tiré. Les hommes de Claude Julien ont remporté 2 de leurs 4 matchs à la suite de la transaction, amassant 6 points sur une possibilité de 8. Les Maple Leafs n’ont toujours pas savouré la victoire, eux…

Certains auront tendance à dire que le Tricolore est meilleur sans Plekanec…

Mais pour un sport d’équipe comme le hockey, une fiche de 2-0-2 est franchement insuffisante pour tirer une telle conclusion. Analysons donc en détail tout ce qui implique le départ du vétéran.

La répartition des tâches

Qu’on le veuille ou non, le Canadien a perdu une présence défensive assez importante. Plekanec, qui agissait comme troisième centre de l’équipe, tout en étant attitré à un rôle important au sein du Penalty Kill, était le quatrième attaquant le plus utlilisé, avant son départ.

Sans oublier que les mises en jeu étaient une partie importante de son implication…

En général, cette implication peut être exprimée à l’aide de plusieurs statistiques. Gardez en tête, cependant, que lors des quelques derniers matchs avant qu’il ne quitte, son temps de jeu était considérablement inférieur à sa moyenne.

Temps de glace moyen : 16 minutes 17 secondes

Production moyenne : 0.40 points par match

Différentiel : +3 (L’un des six joueurs ayant un différentiel supérieur à 0)

Mises en jeu : 564 gagnées, 52.6% de taux de réussite 

Infériorité numérique : 89 mises en jeu gagnées, plus de 131 minutes de jeu

Vous êtes donc d’accord qu’il s’agit d’une pièce importante qui a été perdue?

Le temps de glace anciennement accordé à Plekanec est désormais donné à Jacob De La Rose, sur le troisième trio, même si sa charge de travail est atténuée par les minutes que prend Andrew Shaw. C’est également lui qui se partage les shifts de Pleky, en désavantage numérique, avec Byron Froese.

Est-ce que ces deux joueurs sont des remplaçants légitimes au #14?

Il est permis de douter. Jacob De La Rose vient de commencer à recevoir du temps de jeu de qualité, et n’inscrit que 0.12 point par match. Il montre une fiche de -4 et ne remporte que 37.7% des mises au jeu. Ce chiffre est réduit à 22%, à court d’un homme.

Heureusement qu’il distribue (considérablement) plus de mises en échec que Plekanec… Même s’il est connu que jouer physique n’est pas toujours l’idéal, au niveau de la possession de la rondelle. Le jeu plus conservateur du Tchèque permettait au Tricolore de gérer la rondelle plus facilement, tandis que celui de De La Rose a tendance à accorder le disque à l’autre équipe plus facilement.

Les fameuses statistiques avancées

Les statistiques avancées doivent être prises au second degré. Par contre, très souvent, il est intéressant d’utliser le Corsi et le Fenwick de certains joueurs afin de comparer leur apport.

Les deux statistiques constituent de réels outils permettant d’évaluer la possession de la rondelle d’une équipe avec des joueurs spécifiques sur la patinoire. Lorsque le chiffre s’élève à plus de 50, c’est que la rondelle est possédée par son équipe plus souvent que par l’adversaire.

Pour ce qui est du Corsi, Tomas Plekanec en possède un de 51.3… Alors que Jacob De La Rose en a un de 47.2.

Et pour le Fenwick, même combat ; mais moins prononcé. Plekanec est impressionnant, avec 52.3%, alors que De La Rose est tout près d’un chiffre raisonnable, avec 49.8%.

La confiance de l’entraîneur selon la situation

Par contre, il y a bien une statistique que l’on n’a pas le choix de donner au jeune Suédois : les départs en zone offensive. Le jeune homme de 22 ans se situe au dixième rang, chez le Tricolore, avec 56.7% de ses départs lors de situations en attaque, alors que Plekanec n’avait pas la confiance de Claude Julien, comparativement à ses coéquipiers, en de tels moments, avec le taux le plus faibles pour les départs en zone offensive, soit 41%.

Mais Plekanec, avec 59% de ses départs en défensive, était l’homme de la situation pour de telles missions.

Le gros bon sens

Si vous écoutiez les parties du Canadien et portiez vraiment attention à la façon de jouer de Tomas Plekanec, vous devez avoir réalisé qu’il n’est pas un mauvais joueur. Bien sûr, il n’est pas parfait, mais c’est principalement son salaire qui le rendait moins appétissant.

Son apport était considérable et malgré les victoires qui s’alignent, son départ viendra faire mal au Tricolore d’un moment à l’autre. C’est pourquoi Jacob De La Rose doit s’améliorer… Sans quoi Marc Bergevin devra faire du poste de centre #3 l’une des positions les plus importantes à combler, cet été.

Toutefois, en parlant de gros bon sens… Jacob De La Rose s’est bel et bien amélioré, au courant des derniers matchs. Mais ce n’est pas encore suffisant.

Des anciens coéquipiers… libérés!

Mon collègue Wilson Salaun a parlé hier de la libération offensive de Brendan Gallagher qui a suivie le départ de Plekanec. Le petit attaquant du Canadien a inscrit son nom à la feuille de pointage à quatre reprises en trois rencontres, conservant un différentiel de +4.

Toutefois, Gallagher a-t-il été libéré par le départ de Plekanec? Ou a-t-il été libéré parce qu’on lui a offert une place sur un trio offensif où il allait être capable de démontrer tout son talent et sa vitesse? Il produisait à un bon rythme, même avant le départ du #14.

La question se pose et dans mon cas, la réponse est claire.

Artturi Lehkonen aussi, a débloqué… Sur le deuxième trio. Nikita Scherbak vient par contre fausser la statistique alors qu’ils ont tous deux inscrit 2 buts, à leur quatre derniers matchs, aux côtés de Jacob De La Rose. Ce dernier a amassé deux passes, pour sa part.

Le reste de l’histoire demeure à écrire

Une équipe s’adapte plus rapidement à un départ qu’un joueur ne peut le faire lorsqu’il atterrit dans une nouvelle ville, avec un nouvel entraîneur-chef, des nouveaux coéquipiers ainsi qu’un système de jeu différent. Il serait donc trop imprécis d’analyser les performances du Tchèque depuis son arrivée à Toronto… En fait, on peut effectuer une courte analyse, sans toutefois prendre les résultats trop au sérieux. Depuis qu’il a rejoint les Maple Leafs, Plekanec a été blanchi, en trois matchs, sur le troisième trio, cumulant une fiche de -1. Il a toutefois remporté 57.1% de ses mises en jeu…

Son Corsi est supérieur à 50%… Mais pas son Fenwick. Il est également le troisième meilleur, pour les départs en zone défensive.

Le futur nous dira ce qui en est, pour le reste.

En rafale

– La lutte au trophée Vézina se resserre.

– Il y a des trous dans l’alignement du Rocket.

– Qui est votre favori pour le trophée Hart?

– Les Panthers ont trouvé leur erre d’aller!

 

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