Quand Toronto devient l’exemple à suivre

The best team ever. C’est ainsi que plusieurs experts ont décrit l’équipe championne de la MLS en 2017, le Toronto FC, et pas seulement Kurtis Larson.

Un total record de 69 points en saison, et surtout la première équipe de la MLS à mettre la main sur le triplé domestique. La MLS Cup, le Supporter’s Shield et le Championnat Canadien. Certains se plairont à dire qu’on ne peut pas parler d’un triplé considérant le fait que le championnat canadien ne regroupe que 3 équipes MLS, mais alors pourquoi personne ne l’a réussi avant?

Les plus grands rivaux de l’Impact ont connu une saison magistrale l’an dernier, rien ne sert de le nier. Tout comme rien ne sert de nier que le profond portefeuille des propriétaires torontois, accessoirement les mêmes que la machine à imprimer de l’argent que sont les Maple Leafs de Toronto, y est pour beaucoup.

22,5 millions en salaires contre un peu plus de 5 millions pour l’Impact de Montréal. Même si ces chiffres ne sont pas exacts, surtout depuis le renouvellement de contrat de Nacho Piatti, la différence entre les deux clubs est abyssale. Les seuls contrats d’Altidore, Bradley et Giovinco valent plus que l’entièreté de l’effectif de l’Impact. Ça ne fait pas tout, mais ça aide.

Intégrant la MLS en 2007, le Toronto FC prend beaucoup, beaucoup de temps avant de devenir compétitif. Malgré les signatures de noms comme Jermaine Dafoe, Maicon, Gilberto, Torsten Frings et autres Carlos Ruiz, les Torontois terminent année après année dans le bas du classement et ne décrochent leur première participation aux séries éliminatoires qu’en 2015.

Ce qui a changé depuis? Évidemment l’arrivée de Giovinco et sa main-mise sur le titre d’attaquant le plus dangereux de la ligue, mais il ne faut pas sous-estimer le rôle joué par Greg Vanney, nommé en 2014. International américain, il a évolué quelques saisons en France, mais a surtout participé à l’essor de la MLS en tant que joueur, avant de finalement devenir entraîneur avec le (feu) Chivas USA, puis le Toronto FC. Pas énormément d’expérience, mais la capacité plus rare qu’on ne pourrait le croire de bien définir son système de jeu et de le construire en fonction des joueurs qu’il a sous la main. Un jeune entraîneur qui devient déjà l’un des plus reconnus de la ligue et qui pourrait avant longtemps avoir des offres de l’autre côté de l’Atlantique.

Crédit Photo : Sporting News

Tout cela pour dire que le Toronto FC est littéralement en mission depuis sa défaite en finale il y a deux ans. Si Greg Vanney y est pour beaucoup, le réel maître d’oeuvre demeure le manager Tim Bezbatchenko qui a non seulement réussi à amener des joueurs désignés de premier plan, mais qui arrive surtout à les entourer de joueurs dominants, utiles, compléments parfaits à ses grandes vedettes. On pense rapidement à l’espagnol Victor Vazquez, dominant en 2017, mais également aux latéraux Justin Morrow et Nicolas Hasler.

Le triplé de l’an dernier n’était qu’une première étape pour Bezbatchenko. La suite commence dès cette semaine alors que le Toronto FC amorce sa quête de la Ligue des Champions, où il tentera de réussir là où l’Impact a échoué, faut-il le rappeler, lors de la finale 2015.

Si Bezbatchenko a perdu des Raheem Edwards, Steven Beitashour, Benoit Cheyrou ou Amando Cooper cet hiver, il a réussi à conserver sa colonne vertébrale et à encore une fois l’améliorer considérablement. Le latéral néérlandais finaliste à la Coupe du Monde Gregory Van Der Wiel s’est joint au groupe et pourrait être dominant en MLS à tout juste 30 ans.

Un autre défenseur latéral, Auro, jeune brésilien prometteur de 22 ans qui évoluait à Sao Paulo, s’est également joint au groupe en prêt. Si certains paraissent surpris de l’ajout de deux latéraux, Toronto FC a prouvé maintes et maintes fois, et souvent aux dépens des Montréalais, qu’on a jamais trop de profondeur en MLS.

Et ce n’est pas tout, même si ce n’est pas encore confirmé, Toronto serait sur le point d’annoncer l’arrivée du milieu espagnol de 24 ans Ager Aketxe en provenance de l’Athletic Bilbao. Le milieu offensif a de la difficulté à se trouver du temps de jeu en Espagne mais il pourrait s’avérer dominant en Amérique et surtout constituer une excellente doublure à Victor Vazquez derrière les attaquants.

Et on parle également d’un autre milieu de terrain…

Ils ne sont jamais rassasiés, les torontois, et leur recrutement est exemplaire depuis quelques saisons. Ils ont pratiquement deux XI qui pourraient rivaliser en MLS, et ils s’affirment de plus en plus comme l’exemple à suivre pour connaître du succès dans cette ligue qui ne cesse de grandir.

Leur prochain objectif, donc, est la Ligue des Champions, où ils affronteront d’abord en matchs aller-retour les Rapids du Colorado, avec un match retour au BMO Field (à l’extérieur!) le 27 février prochain. Ça pourrait se compliquer ensuite alors que la logique veut qu’ils affrontent en quart de finale les Tigres, équipe mexicaine où évolue le français André-Pierre Gignac, avant d’hypothétiquement affronter Club Americà en demi-finale.

Difficile de souhaiter un titre aux Torontois, mais difficile également de parier contre eux quand on jette un coup d’oeil à leur effectif. Le Toronto FC a un porte-feuille que l’Impact ne peut même pas rêver d’avoir pour le moment, mais il y a dans leur profondeur et dans leur recrutement des leçons qu’Adam Braz, Rémi Garde et Joey Saputo se doivent de suivre.

DANS L’ABRI
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Certaines rumeurs commencent à revenir dans le giron de l’Impact de Montréal. Le défenseur central malien Mamadou Fofana est encore lié aux Montréalais et il semblerait, pour ce que ça vaut, que le joueur soit bien intéressé à venir à Montréal.

– Adrian Arregui, qui a fait un bref passage à Montréal l’an dernier (si vous l’avez déjà oublié), revient sur son passage en MLS

– Cyle Larin a réussi à se sortir d’Orlando, mais il n’a toujours pas obtenu de temps de jeu en Turquie.

– L’Impact affronte les Rowdies de Tampa Bay ce soir dans ce qui sera son troisième match présaison. Je vous rappelle que les Montréalais ont vaincu le Fire de Chicago samedi dernier, et je vous avais préparé un court compte-rendu sur ma page Facebook.

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