Première victoire convaincante | Du nouveau sur le plan stratégique | Le trio de Galchenyuk fait des siennes

Le Canadien vient de soutirer une victoire morale importante. Il a gagné un match n’étant pas l’histoire de son gardien.  Il a imposé son style de jeu au lieu de respecter celui de l’adversaire.

Mercredi dernier, les troupiers de Michel Therrien s’étaient fait poivrer de tirs par une équipe franchement modeste, mais finement organisée, celle des Leafs de Toronto. Les doutes sur la viabilité du système de jeu, auquel on reproche de miser sur Carey Price de façon suicidaire, ont refait surface. Les victoires auront-elles le même goût que l’an dernier, malgré les ajustements apportés durant la saison morte?

Il ne s’agit que d’un match, mais les pessimistes sont pour le moment refroidis. L’entraineur du Tricolore a indiqué en lever de campagne qu’il incitera ses joueurs à travailler davantage en unité de cinq serrée afin de générer du temps de possession. On a finalement pu voir la stratégie prendre forme et récolter des dividendes.

Deuxième rafistolage du plan de match: l’implication des défenseurs. On remarque beaucoup d’effervescence depuis la ligne bleue – la tactique en était au stade embryonnaire dans le dernier droit de 2014-2015. Si bien qu’on a vu Petry, partant de la droite d’Emelin dans son territoire, s’avancer jusqu’en zone neutre pour fournir une option en situation de sortie de zone. En zone offensive, les défenseurs ne craignent pas de jaillir agressivement, jusqu’au cercle des mises au jeu s’il le faut, pour maintenir la pression. Parlons d’un risque calculé, parce que le synchronisme est au rendez-vous, le « F3 » ne manquant pas de couvrir les arrières.

De nos jours, les systèmes de jeu sont appliqués à la lettre et les attaquants n’ont que très peu d’espace pour manoeuvrer. Demander aux défenseurs de créer un déséquilibre dans la couverture défensive adverse s’offre donc comme une piste de solution. D’autant plus que le Canadien déploie une brigade assez mobile pour mettre cela en oeuvre. Un groupe de cinq réactif. C’est qu’on a souhaité. C’est ce à quoi on a eu droit.

L’avantage numérique de Jean-Jacques Daigneault s’est permis de confondre quelques sceptiques. Que dire de ces passes transversales d’un flanc à l’autre qui ouvrent subitement de jolies options. Galchenyuk en a servi une à Markov, qui a refilé à Desharnais devant le filet. Soulignons la pugnacité du Québécois devant le filet…

On peut dire qu’Alexander Semin a joué un excellent match sur le plan offensif. Mais ce serait oublier la justesse de ses interventions défensives avec le bâton. Il l’utilise de manière si nonchalante, mais pourtant si efficace. Un art!

Voilà un aspect qui est trop souvent sous-estimé dans le jeu du russe.  Louis-Jean affirmait à l’entracte qu’on s’en tenait à un joueur nous ayant habitué à terminer les soirées dans les  » – « … Pourtant, quel est le différentiel de Semin en carrière? +71. Mouais…  Il y aura encore du travail à faire pour se défaire de ces mythes tenaces.

Ce soir, le CH n’a concédé que deux tentatives de tir quand le numéro 13 était sur la glace.

Jusqu’à maintenant, Semin ne nous a dévoilé que sa facette altruiste, mais on est à découvrir toute sa palette offensive. Lorsqu’il décochera son tir avec moins d’hésitation, parions qu’il sera encore plus dangereux.

Depuis le début du camp d’entrainement, Lars Eller parait très confortable dans un rôle d’ailier de puissance. Le Danois a troqué la chaise de distributeur pour celle de receveur, ce qui sied mieux à ses habiletés. Et, comme de raison, il semble avoir plus de vision lorsqu’il est jumelé à des joueurs capables de fabriquer des jeux. Rien ne promet qu’il gardera le cap, mais laissons une chance raisonnable au coureur.

On se réjouit de voir le CH rouler à trois trios offensifs. On peut en outre applaudir la tenue du quatrième trio ce soir, qui a été au coeur de chances de marquer chaque présence. Devante Smith-Pelly a poursuivi avec une seconde bonne performance. On le sent assurément plus en jambes cette année. Quand Flynn et Mitchell se sont eux aussi mis en marche, on a eu des flammèches d’énergie.

Alexei Emelin était… stable!

Andrei Markov nous offre, encore à 36 ans, du superbe hockey. Quand il remue ses méninges de la sorte, on oublie vite la dépréciation de son coup de patin.

SOMMAIRE

 1RE PÉRIODE

01:25
MTL
PPG – David Desharnais (1) ASST: Andrei Markov (2), Alex Galchenyuk (1)

2E PÉRIODE

02:15
MTL
Lars Eller (1) ASST: Alexander Semin (1), Alex Galchenyuk (2)
07:47
MTL
Lars Eller (2) ASST: Alex Galchenyuk (3), Alexander Semin (2)
14:26
BOS
Matt Beleskey (1) ASST: David Krejci (1), David Pastrnak (1)

3E PÉRIODE

19:06
MTL
EN – Tomas Plekanec (1) ASST: Max Pacioretty (1), Brendan Gallagher (1)
19:29
BOS
PPG – Patrice Bergeron (1) ASST: David Pastrnak (2), Torey Krug (1)

TIRS
MONTRÉAL: 10-18-10 pour un total de 38.
BOSTON: 8-7-6 pour un total de 21.

POSSESION (TIRS TENTÉS) 
MONTRÉAL: 12-25-2 pour 64% des tentatives de tirs.
BOSTON: 11-9-2 pour 36% des tentatives de tirs.

PLUS DE NOUVELLES