Pour en finir avec la langue du coach…

Puisque ce n’est pas de sa faute s’il a été nommé entraîneur-chef – remarquez qu’il aurait peut-être pu refuser, on a toujours le choix dans la vie – on souhaitera du succès à Randy Cunnyworth.

Assez du moins pour faire bonne impression et l’aider pour la suite de sa carrière, qui, pour des raisons qui semblent évidentes pour plus de 69 % de la population (83% chez les francophones), mais pas pour Pierre Gauthier et Geoff Molson, ne se déroulera plus à Montréal l’an prochain.

Je suis cependant convaincu que si ses raisons n’étaient pas claires la semaine dernière pour Monsieur Molson, elles le sont davantage aujourd’hui et le seront plus encore au mois de mai ou juin.

Cunneyworth devra gagner deux coupes Stanley le printemps prochain pour renverser la situation! Ça n’arrivera pas.

Pauvre Randy! On sympathise avec toi dans ces moments difficiles!

L’entraîneur du Canadien doit parler français

Bien que je demeurerais ouvert à des Kirk Muller (CH) et Mike Babcock (McGill) de ce monde, parce qu’ils sont appréciés de la population et attachés à la ville de Montréal, la question de la langue est pour ma part réglée à jamais et je n’ai encore vu aucun argument qui tienne la route pour me convaincre du contraire.

Cette question n’aurait même pas dû en être une tellement le respect de la clientèle est un élément élémentaire de n’importe quel business, let alone une institution populaire et unique like the Canadiens.

Il ne faut pas l’oublier, parler français et gagner ça peut aller ensemble. Et pour le CH, dans son contexte particulier – qui n’est pas celui de clubs de soccer anglais ou italiens, mais qui ressemble un peu à celui du FC Barcelone – ça doit aller ensemble. C’est pour ça qu’il doit toujours s’assurer de développer et former des entraîneurs francophones. Il doit leur faire confiance. La compétence est là et le sera toujours. La preuve a une fois de plus été faite en finale de la Coupe Stanley l’an dernier avec Vigneault et Julien, ironiquement deux anciens de l’organisation montréalaise.

Pour vous donner une image, la manière de Gauthier et Molson de ne pas respecter la volonté et la sensibilité de la majorité dans ce dossier délicat, c’est un peu comme un chef de restaurant qui vous fait griller votre steak de 35$ bien cuit alors que vous l’avez toujours commandé saignant. Si en plus, M. le chef, vous demande de « comprendre » et essaie de vous faire croire que vous aller et aimer ça quand même, vous allez réagir comment?

Come on!

Légalement le CH est un business privé. Mais, dans la vraie vie, il appartient à un peuple majoritairement francophone sur son territoire. Sans eux, comme le restaurant de notre chef, il n’existerait pas et Monsieur Molson ne ferait pas des dizaines de millions de profit chaque saison.

Notre bon Geoff doit donc un respect incommensurable à ses partisans majoritairement francophones qui demandent simplement et légitimement d’être « servi » dans leur langue.

Dire que j’ai encore lu des anglos ce matin sur le site de The Gazette affirmer que les francophones devaient mériter le respect qu’ils exigent :« if you want some respect, earn it bunch of losers », pouvait on encore lire en toute gloire…

Ça vole haut…

Ceux qui ne sont pas capables de reconnaître l’imbécilité du geste de Gauthier et Molson sont, pour toutes sortes de raisons, déconnectés historiquement, géographiquement, démographiquement et sociologiquement pas à peu près.

Excusez-moi de le dire aussi crûment, mais ces personnes sont dans le champ.
Ils ont tort et n’ont aucun argument valable. La preuve en a été faite 2000 fois depuis samedi.

Inutile de la refaire.

Cunneyworth : retrouver le plaisir de jouer

Mais bon puisqu’il est là et qu’il reste une cinquantaine de match à jouer, la première chose que Cunneyworth devra faire s’il veut sauver les meubles, c’est aider ses joueurs à retrouver le plaisir de jouer au hockey.

Après tout, ne dit-on pas qu’il est optimiste et plein d’entrain le Randy?

Même à Montréal, même avec toute la pression, même si l’équipe a eu un mauvais début de saison, le hockey demeure un jeu, et pour y exceller, il faut avoir du plaisir. Il ne faut pas être tendu, fâché, négatif, boudeur ou écœuré.

Puis, une bonne dose de plaisir dans l’effort, ne nuirait certainement pas à ramener un autre élément fondamental : la confiance en soi.

On nous répondra que le plaisir et la confiance viennent avec les victoires. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas aussi fondamental.

Le plaisir et la confiance sont des éléments psychologiques constitutifs fondamentaux qui permettent à une équipe de passer à travers les épreuves qui se présentent sans que tout s’écroule, et qui, au final, te permettent de gagner plus de matchs que d’en perdre. Par la suite, si les victoires s’accumulent à un bon rythme, tout cela crée un effet boule de neige : le plaisir et la confiance décuplent.

Mais, n’en déplaise à Geoff Molson, le Canadien n’a pas l’équipe pour prétendre aux grands honneurs, on vous le disait déjà le 1er septembre dernier. En revanche, il est supposé jouer beaucoup mieux qu’il ne le fait depuis le début de la saison. Oui, même si Markov et d’autres sont absents.

Si le Canadien est où il est présentement c’est parce qu’il joue mal et c’est par sa manière de jouer qu’il perd des matchs : efforts irréguliers, manque de confiance, manque de concentration, jeux individuels, exécution digne d’amateurs, frustrations.

C’est donc un problème qui est autant individuel que collectif.

Au plan individuel, en étant généreux, seuls Gorges, Price, Desharnais, Cole et Pacioretty n’ont pas grand-chose à se reprocher. Ça ne fait pas beaucoup de monde, ce n’est même pas 1/5 de l’équipe!

Bizarrement, on dirait que ce sont seulement eux qui demeurent confiants et dédiés et qui ont du plaisir à jouer malgré tout.

À moins que ce ne soit davantage une question de fierté.

Au plan collectif, les joueurs n’affichent pas une grande confiance envers leurs coéquipiers. Cela se mesure souvent par la qualité du jeu de passes.

En troisième période contre les Devils samedi dernier, à ma connaissance, le Canadien n’est pas parvenu une seule fois à compléter plus de deux passes consécutives. Ça prenait tout pour en réussir une. Imprécises, précipitées ou en retard, que des mauvaises passes! C’était carrément pathétique et inacceptable à ce calibre de jeu. Pas pour rien qu’il y a eu un petit lavage de linge sale en famille après le match. Ce n’était vraiment pas beau à voir… et ce n’était pas beaucoup mieux contre Boston lundi.

P.K. Subban fait-il partie de la solution ou du problème?

Avec des éléments aussi fondamentaux que le plaisir, la confiance et la fierté sur lesquels il devra travailler, sans oublier un possible cancer dans l’équipe localisé autour de Cammalleri et Subban, dire que Cunneyworth a du pain sur la planche est un euphémisme.

Dire que le voyage du temps des Fêtes sera crucial pour le CH cette année en est un autre.

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