Nathan Beaulieu a retrouvé son aplomb | Greg Pateryn rappelé

L’implication des défenseurs dans les situations de contre-attaque est une constante qui sourit au Canadien depuis le tout début de la saison. Cette stratégie en était à son stade embryonnaire en 2014-2015 et elle a maintenant franchi un niveau supérieur, tant dans la fréquence de son utilisation que dans l’intensité avec laquelle elle est déployée.

Le personnel d’entraineurs n’a jamais eu sous la main un groupe de défenseurs aussi talentueux lors d’un début de saison, c’est probablement pourquoi il a jugé avoir les assises pour poursuivre dans cette voie.  C’est d’autant plus vrai avec la résurrection d’Alexei Emelin, qui est méconnaissable par les temps qui courent.

Si les duos Markov-Subban et Emelin-Petry ont roulé à plein régime, on ne peut en dire autant de la troisième paire réunissant Nathan Beaulieu et Tom Gilbert. Le CH n’a décoché que 44% des tentatives de tirs (l’adversaire obtenait donc 56% des lancers tentés face à cette paire) lorsqu’ils étaient sur la glace, en plus de n’obtenir que 40,37% des chances de marquer (59.63% des occasions allaient donc à l’autre équipe). Beaulieu et Gilbert se décrivent comme des défenseurs capables de bouger adroitement la rondelle, on s’attend donc à ce qu’ils permettent au Canadien de s’installer plus confortablement en territoire ennemi, surtout face aux restants des autres équipes, alors que Petry, Emelin, Markov et Subban se chargent de l’opposition la plus féroce.

Mais, Therrien sait pertinemment que le jeune Beaulieu possède les habiletés pour briller dans un système de jeu plus incisif, qui encourage un va-et-vient dynamique des défenseurs. Il a donc joué la carte de la patience. Et il en a récolté les dividendes dans la dernière tranche de cinq matchs.

Lentement, mais sûrement, le numéro 28 retrouve son aplomb. Il a obtenu un premier but à Calgary à l’aide d’un bon tir frappé de la pointe. Il en a remis à Winnipeg, en jaillissant en zone neutre afin de lancer Desharnais en surnombre. Quatre jours plus tard, contre les Islanders, il a servi (avec un peu d’aide du juge de ligne) une longue passe précise à Tomas Fleischmann, qui a décampé sur le flanc gauche avant de préparer le but de Desharnais.

Hier soir, il a une fois de plus, offert de l’excellent hockey, en s’impliquant dans multiples actions offensives et en assurant une fluidité au jeu de transition. Quand toutes ses qualités de patineur sont mises en vitrine – ses mouvements latéraux, son patinage arrière, ses croisements, ses pivots, sa vitesse pure, son accélération – il peut survoler la zone neutre, mais il est également drôlement difficile à battre à un contre un, comme on a pu le voir lorsqu’il a barré la route à Bergeron, le long de la rampe.

En outre, Beaulieu semble développer des atomes crochus avec le troisième trio (en fait, celui qui joue avec l’étoffe d’un premier) de David Desharnais. Desharnais, Weise et Fleischmann peuvent se retrouver piégés dans leur zone ici et là, mais ils ne pardonnent pas lors des situations de contre-attaque rapides. Ils n’ont besoin que de quelques secondes, puis hop: un jeu à une touche de rondelle sur la bande en attirant un joueur, ou d’autres variantes de « passe et va », donnent lieu à une chance de qualité.

Le jeune Ontarien se veut donc un élément fondamental du système de transition, puisqu’à l’instar de Karlsson (vous aurez compris que je ne suggère aucune comparaison entre les deux joueurs), son aisance sur patins lui donne plus de latitude dans ses poussées offensives. Il devient une arme intéressante en s’immisçant dans l’action, car il change les assignations défensives adverses, offre une option de passe supplémentaire à ses attaquants, et réduit le facteur risque inhérent à ses montées en se repliant sans trop de problèmes.

Si Beaulieu continue de monter son jeu d’un cran, les quatre trios pourront alors bénéficier de relances rapides de la part des trois paires de défense, ce qui mène évidemment, à plus de temps en zone offensive, donc à plus de buts. Par ailleurs, une blessure de Markov ou de Emelin ne serait soudainement plus aussi alarmante.

En rafale
– Greg Pateryn, rappelé aujourd’hui par le Canadien, a menacé à l’attaque avec 10 lancers en trois matchs, mais il a aussi été victime de la mauvaise séquence que connaissent les IceCaps!

Le +/- demeurera toujours une statistique à prendre avec un grain de sel si elle est utilisée pour une évaluation individuelle. Elle pointe du doigt le joueur sur la glace pour un but contre et un but pour, mais ne dit pas s’il est responsable de celui-ci et ne tient pas compte du contexte (qualité des coéquipiers, confrontations, tenue du gardien, etc.)!

– Le CH a prouvé qu’il peut se débrouiller sans Carey Price!

… Mais il mise tout de même sur un excellent 2e gardien qui augmente ses chances de victoire, en Mike Condon! La tradition des bons gardiens se poursuit (et personne ne s’en plaint).

–  Les Avengers, version CH. LIEN

– Chris Lee a-t-il assez de discernement pour arbitrer un match de la LNH? LIEN

– Ron Francis doit relever le défi de la reconstruction chez les Hurricanes. LIEN

– Sans surprise.

– Beaulieu ne sera pas sanctionné pour son geste à l’endroit de Rinaldo. LIEN

– Ça commence à devenir sérieusement lourd, au Colorado…

Patrick Roy est-il l’homme de la situation? Son système de jeu présente des carences majeures.

– Pas mal, Friedman! #Respect #Français

– L’avantage numérique du Canadien est beaucoup plus menaçant cette année. Pourquoi? LIEN

– Des nouvelles de la filière ECHL du CH.

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