Le monde du foot en mouvement | Joey est confiant, transparent

Beaucoup de choses à discuter, ça bouge dans le monde du foot nord-américain cette semaine!

Moi qui comptait vous offrir un papier d’avant match sur la finale Toronto-Seattle de ce soir, quelle déception… #Not

Vous le savez sans doute déjà, l’Impact de Montréal a annoncé officiellement hier la disparition de son équipe réserve en USL, le FC Montréal.

Crée en 2014, le FC Montréal répondait à une demande de la MLS qui obligeait ses équipes à avoir une équipe réserve en USL. Avec aucune équipe canadienne évoluant dans ce circuit, l’Impact n’a eu d’autres choix que de créer sa propre réserve. Il aurait été trop complexe d’envoyer des joueurs de l’équipe pro « travailler » pour quelques jours aux États-Unis, lois du travail oblige. C’est logique.

En fait, ce qu’on a d’abord compris dans la conférence de presse de Joey Saputo hier, c’est que le FC Montréal avait été créé par nécessité, beaucoup plus que dans le cadre d’un large plan incluant l’académie et la transformation de la Caserne en centre d’entraînement.

Ce qui aura marqué le glas de l’équipe réserve montréalaise, c’est les difficultés de la deuxième ligue en importance en Amérique, la NASL.

Avant tout, voici un bref aperçu de la structure actuelle du soccer en Amérique du Nord.

Officiellement, la NASL existe toujours. Le propriétaire du FC Edmonton affirmait même pas plus tard que la semaine dernière qu’il se préparait à entamer la saison normalement. Mais entre vous et moi, c’est chose faite, la NASL n’est plus.

Le Cosmos de New-York, équipe phare de la NASL et l’une des plus vieilles organisations en Amérique, a déjà affirmée avoir cessé ses activités et a remerciée tous ses joueurs. D’autres, comme le Fury d’Ottawa, ont déjà annoncé leur transfert vers la USL, sans aucune ambiguïté.

https://twitter.com/pauldalglish/status/807319519110844416

Paul Dalglish est le directeur général et entraîneur-chef du Fury d’Ottawa, qui est incidemment devenue l’équipe réserve de l’Impact de Montréal avec la dissolution du FC Montréal.

Avec une équipe canadienne en USL, Joey Saputo n’a plus la nécessité d’être propriétaire d’une équipe dans ce circuit, il ne lui suffit maintenant que de s’associer. Ceci explique cela.

Personne ne l’a caché, il y a un élément financier dans cette décision, c’est évident. Tous ceux qui sont allé voir ne serait-ce qu’un match du FC Montréal au Centre Claude-Robillard le savent, les estrades étaient pratiquement vide. Difficile d’être rentable dans ce cas, surtout lorsque certaines équipes de la USL comme Rochester ou Cincinnati peuvent attirer jusqu’à 20 000 partisans.

La rumeur circulait déjà depuis quelques jours, et la principale source d’inquiétude tournait surtout autour du développement des jeunes. Comment apprendre aux jeunes à devenir pro sans le FC Montréal?

Joey Saputo l’a répété hier. La création de l’académie et la mission qui lui est confiée n’est pas en péril, au contraire. L’objectif est d’implanter une structure plus définie, qui permettra de rapidement cibler et entourer le vrai talent. Celui qui peut non seulement être de calibre MLS, mais également faire partie du onze partant, et pourquoi pas être vendu en Europe ensuite.

À ce propos, Joey Saputo parlait réellement d’une vision d’ensemble. Cet ensemble inclut évidemment l’Impact, l’Académie et ses équipes de U-8 à U-18, mais aussi le FC Bologne.

Plusieurs craignaient d’ailleurs que le Bleu blanc noir deviennent en quelque sorte une équipe réserve elle-même, en dessous de l’équipe de Série A. Le président des deux équipes a indirectement nié cette possibilité, confirmant la venue du milieu suisse Blerim Dzemaili à Montréal l’été prochain. Dzemaili vient d’être nommé joueur du mois de novembre à Bologne, et Saputo a confirmé lui-même que « les italiens sont un peu fâchés du départ de Dzemaili ». Une synergie Montréal/Bologne? Parfait, mais il n’aurait pas fallu que le club montréalais n’en devienne secondaire.

Mais bon. Revenons à LA nouvelle d’hier, soit l’association entre l’Impact et le Fury d’Ottawa. Pour l’équipe de la capitale nationale et surtout pour ses fans, le mot association est très important puisque le Fury demeure un club à part entière, avec l’objectif de gagner et pas seulement de « faire progresser les jeunes ». Cette excuse a souvent servie au FC Montréal en 2016…

Adam Braz était toutefois tout sauf clair lorsqu’il a été questionné sur le rapport entre les deux clubs. Ce qu’on sait, c’est que les joueurs du Fury n’appartiendront pas de facto à l’Impact et que le coach d’Ottawa devrait avoir pleine décision sur son alignement partant, sur la tactique préconisée et sur les minutes distribuées.

Ensuite, quels joueurs de l’Impact iront jouer à Ottawa? Sous quelles conditions? Est-ce que des joueurs de l’équipe première en manque de minutes pourront toujours aller se remettre en forme en USL? Quelle place sera laissée au développement des joueurs? Est-ce qu’un membre du staff technique du Fury représentera l’Impact? Tout cela est à clarifier, mais l’équipe ontarienne s’est déjà dite excitée à l’idée de voir dans ses rangs de jeunes joueurs prometteurs. Avec Ballou Tabla, Choinière et LBG déjà signés par l’Impact, entre autres, on les comprend.

Pour les autres joueurs du FC Montréal? 6 ont déjà été invités au prochain camp de l’Impact. On suppose qu’ils pourraient percer l’alignement du Fury même sans obtenir de contrat avec l’équipe première, mais qu’en est-il des autres? Les Janouk Charbonneau et Zachary Sukunda se retrouvent donc sans emploi, malheureusement…

Rien ne sera comme avoir l’équipe réserve dans sa cour, mais Joey Saputo s’est tout de même montré optimiste. Près de la moitié des équipes de la MLS ne sont pas propriétaires de leur équipe réserve, notamment le FC Dallas, qui compte plusieurs joueurs homegrown dans ses rangs et qui est toujours cité en exemple lorsqu’il est question d’une équipe ayant un excellent développement.

Une décision risquée, qui pourrait déplaire. Sera-t’on vraiment en mesure de déceler le vrai talent dès le U-18? C’est le pari que prend Joey Saputo, et la transparence quasi-totale qui se dégage de sa conférence de presse d’hier nous donne envie de lui offrir le bénéfice du doute.

Beaucoup demeure encore à faire, et rien n’est joué, mais le propriétaire de l’équipe semble avoir un plan clair, sur 5 ans, qui inclue sans aucun doute une conquête de la MLS Cup. Joey Saputo aime Montréal, ça se sent, ça se voit, il mérite l’appui de la ville.

DANS L’ABRI
– L’Impact en a également profité pour rendre public l’état des négociations avec ses joueurs. Aucune grande surprise ici, outre peut-être le release de Kyle Bekker et les négociations avec Amadou Dia et Eric Kronberg…

Harry Shipp a toujours une bonne valeur, ce qui explique son retour selon moi même s’il ne « fit » pas dans le schéma de l’équipe. Calum Mallace pourrait fortement quitter vers le Minnesota au repêchage d’expansion, et y-a-t’il vraiment quelqu’un de surpris du départ de Lucas Ontivero avec ses 400 000$ pour deux minces buts? Et ceux qui se demandent où est passé Romario Williams, il a été échangé au club d’expansion Atlanta United FC.

– J’ai vraiment l’impression qu’on va l’adorer à Montréal.

– Et croyez-moi, on a pas fini d’entendre parler de la femme de Dzemaili…

– Les gars du Kan Foot Club m’ont encore fait l’honneur de m’inviter à participer à leur podcast. Au menu, bilan de tous les joueurs ayant porté l’uniforme bleu blanc noir cette saison. Très intéressant, à écouter ICI.

Dans mes prochains textes, je vous offrirai un survol complet de chaque position de l’alignement de l’Impact, de l’état actuel jusqu’aux prévisions/besoins pour l’an prochain.

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