Match référence pour l’Impact de Rémi Garde

4e victoire en 5 matchs. 3e blanchissage de suite.

Voilà des mots qu’on n’aurait pas cru pouvoir écrire il n’y a de cela que quelques semaines. Peut-être motivé par tous ceux qui les ont enterrés rapidement par opportunisme, l’Impact de Montréal reprend réellement du galon. Non seulement dans le résultat, mais surtout dans la manière.

Vaincre le Sporting Kansas City par un blanchissage n’est pas rien. L’équipe de Peter Vermes est l’une des plus constantes cette saison en MLS, et elle se maintient au sommet de l’Ouest depuis déjà de nombreuses années. Ike Opara, Graham Zusi, Daniel Salloi et autres Matt Besler font tous partie des meilleurs joueurs de la ligue, et ils étaient tous présents samedi dernier au Stade Saputo. La troupe de Rémi Garde les a non seulement bien contenu, elle a réussi à prendre possession du match et à conserver une rigueur tactique qu’on a rarement vue à Montréal. Malgré un 0-0 à la mi-temps, on sentait les Montréalais en contrôle et en confiance malgré l’égalité. Ils n’ont pas paniqué et ont poursuivi de la même manière en deuxième mi-temps avant de voir Nacho Piatti briser l’égalité sur un magnifique tir après un jeu un peu étrange en zone offensive.

Surtout, l’Impact a su conserver son même style de jeu malgré une sortie rapide (et heureusement préventive) de Samuel Piette après une courte demi-heure de jeu. On se demandait justement comment l’Impact pourrait survivre à un mois de juillet fort occupé malgré un effectif sans profondeur, et l’entrée solide de Shamit Shome pour Samuel Piette nous permet de continuer à y croire. Sans le québécois en récupérateur, Saphir Taïder a reculé d’un cran et Ken Krolicki et Shome ont fait preuve d’une belle solidarité pour complètement bloquer l’axe aux attaques des joueurs du SKC. Avec une paire centrale Camacho/Fanni toujours aussi solide qui n’offre plus aucun cadeau aux adversaires, le tour était joué pour protéger le blanchissage.

Il faudra d’ailleurs songer à offrir un peu plus de temps de jeu à Shamit Shome plus tôt que tard. Le canadien avait semblé marquer quelques points en présaison avant d’être surpassé par Krolicki, mais il semble avoir beaucoup retenu de son séjour à Toulon avec l’équipe canadienne des moins de 21 ans et il est revenu avec une belle confiance. Dommage pour Louis Béland-Goyette qui aurait pu profiter d’un mois de juillet occupé pour regagner la confiance de l’entraîneur, mais le milieu québécois semble toujours se blesser au mauvais moment. De son côté, Ken Krolicki gagne en confiance à chaque match depuis quelque temps. Celui dont plusieurs critiquaient la titularisation il n’y a pas si longtemps semble trouver sa place dans le schéma tactique de Rémi Garde et il ne s’encombre plus autant de déchets techniques, ce qui le rend plus efficace. C’est tout de même une belle histoire pour un choix lointain au dernier draft…

Sans le bulldog Piette et malgré un Matteo Mancosu toujours fantomatique en pointe, la performance de l’Impact était à mon avis la meilleure de cette saison. Malgré des victoires plus convaincantes comme celle de 3-0 face à Orlando il y a deux semaines, la façon dont l’Impact est demeuré patient malgré le score égal tend à démontrer que les joueurs achètent le plan de match de Rémi Garde, n’en déplaise à Tony Marinaro. Surtout, les Montréalais nous ont habitués à constamment subir après avoir pris les devants dans un match, mais on a vu quelques superbes moments de possession en fin de match alors que l’équipe faisait circuler le ballon pour écouler le temps restant. Du bonbon. Evan Bush a bien été testé à quelques reprises, mais le gardien américain s’est encore une fois levé aux bons moments et a continué de démontrer que les enseignements de Joël Bats portent fruit. Il est méconnaissable le Evan cette saison.

https://twitter.com/impactmontreal/status/1013819674008563712

On a même eu droit à un superbe moment d’esprit d’équipe alors que Nacho Piatti a accepté de laisser le penalty gagné par Daniel Lovitz à Alejandro Silva. Piatti avait fait la même chose l’an dernier pour un Matteo Mancosu en manque de confiance, et on a senti que l’Uruguayen Silva a réellement apprécié le geste. Un penalty magnifiquement tiré pourrait permettre à Silva de reprendre confiance et de finalement rendre le onze partant de Rémi Garde plus efficace. On le sent de mieux en mieux Ale Silva et il a fait un bon match samedi, mais il lui manque encore cette touche offensive qu’on nous avait promise lors de sa signature.

Quand Piatti va tout va, qu’on se plaît à dire. C’est vrai lorsqu’il marque, mais c’est aussi vrai lorsqu’il est en mesure d’inspirer ses coéquipiers, d’autant qu’il agit en tant que capitaine. Sa célébration marquée par sa déclaration d’amour au logo de l’équipe est d’ailleurs de bon augure en ce sens.

Un match référence, donc, pour l’Impact de Rémi Garde. Un match qui relègue les plus pessimistes aux oubliettes pour quelque temps et qui pourrait réellement marquer le tournant de la saison, si tournant il y a. Une victoire face aux Rapids du Colorado la semaine prochaine confirmerait la meilleure séquence montréalaise en plus d’un an. Il est encore trop tôt pour parler de séries, mais plus rien n’est impossible, quoi qu’en dise les avides du no playoffs. Si en plus un Jimmy Briand ne pouvait débarquer rapidement à Montréal…

En attendant, l’Impact s’installe comme la meilleure équipe canadienne en 2018. Est-ce que ça se transmettra en championnat canadien?

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