Les dernières cartes de Gauthier

Si Geoff Molson est tanné de la mauvaise presse, disons qu’il n’a encore rien fait pour l’apaiser!

La nomination de Randy Cunneyworth à titre d’entraîneur-chef du Canadien de Montréal est presque surréaliste tellement elle est loin des attentes du peuple, un peuple majoritairement francophone. Car, oui, il semble bien qu’il faut encore le rappeler en accord avec Serge Savard ce matin dans La Presse : le Canadien, au plan émotif et identitaire, « c’est l’équipe du peuple ».

Ce que ne seront jamais les Alouettes et l’Impact.  

À moins d’un miracle, c’est-à-dire, au minimum, une finale d’association et des cours de français intensifs l’été prochain, la promotion de Cunneyworth n’a d’autre choix que d’être intérimaire, tellement elle est impopulaire et improvisée.

Cette parodie publiée la semaine dernière sur le site n’est plus tellement une parodie cette semaine…

On verra aussi dans les prochains mois si Gauthier est bien en selle à Montréal. L’« embauche » de Cunneyworth en remplacement de Jacques Martin a déjà de quoi laisser très perplexe. Pas sûr qu’on lui aurait laissé tout le loisir d’approcher des gens à l’extérieur de l’organisation et de se compromettre avec eux pour des années à venir.

Après environ une décennie très ordinaire de règne Gainey-Gauthier, une direction hockey mise en place par l’ancienne administration Gillet/Boivin, Geoff Molson sera sûrement très tenté de faire le grand ménage à la fin de la saison. En ce sens, à l’heure actuelle, il faut voir la nomination de Cunneyworth pour ce qu’elle est : une des dernières petites cartes que Molson a laissées dans le jeu de Gauthier.

Un deux de pique? On verra…

Au plan directionnel, avec le congédiement de Martin et la nomination de Cunneyworth, il semble, en effet, que Gauthier ait épuisé ses options à l’interne. Quand c’est rendu que l’adjoint au directeur général, qui n’a aucune expérience de coaching,  devient assistant-entraîneur, c’est qu’il ne reste plus beaucoup de monde à’ shop!

Au plan hockey, si le Canadien demeure dans la course, est-ce qu’on permettra à Gauthier de céder Gomez au club école et de le remplacer par un joueur de premier plan? Si le club s’enlisait d’ici la fin février, est-ce qu’on lui donnera pour mission de procéder à des échanges de vétérans onéreux comme Cammalleri et, qui sait, Gionta ou Tomas Plekanec?

Est-ce qu’on permettra à Gauthier de gérer des dossiers aussi délicats, alors que la tentation pourrait être très grande de le congédier à la fin de la saison et de le remplacer par des personnes (et non plus des individus) ayant des idées neuves, des personnes n’ayant aucun attachement aux joueurs en place présentement?

Si je donne 10% de chances à Cunneyworth de rester à Montréal l’an prochain, dites-vous que je n’en donne pas plus à Gauthier.

Brisebois, Damphousse, et Roy

1) Julien Brisebois, ancien assistant de Bob Gainey et ancien DG des Bulldogs d’Hamilton, maintenant bras droit de Steve Yzerman à Tampa, doit dès maintenant être considéré en très haut lieux et pour de très hautes fonctions. C’est un autre nom qu’on n’a pas fini d’entendre.

Jeune homme brillant de la même génération que Geoff Molson, Brisebois est avocat de formation et maîtrise la convention collective sur le bout des doigts. Il possède de plus ne bonne connaissance du hockey qu’il a pu parfaire auprès de personnes d’expérience. Enfin, inutile de rappeler qu’il connaît l’organisation du CH comme le fond de sa poche.

C’est vraiment un candidat de choix pour le poste de DG à Montréal.

Julien Brisebois répondra-t-il au profil recherché par Molson?

2) J’étais dans mon salon hier soir à essayer de trouver des idées pour le présent texte et un nom m’est venu en tête : Vincent Damphousse. Or, qu’est-ce que j’entends à la radio par la bouche d’Alain Crête, en me réveillant ce matin : Vincent Damphousse! On dit que son nom circule dans les corridors du Centre Bell ces jours-ci…

Vincent Damphousse ne ferait peut-être pas un mauvais homme de hockey…
Photo: Radio-Canada.ca

Avec son calme, son intelligence, sa connaissance pointue du marché montréalais en tant que Glorieux, puis businessman de la région (ça ne peut pas nuire), Damphousse est un candidat logique, un gars qu’on devrait passer en entrevue dans un rôle de gestionnaire hockey, un gars qui a joué et qui comprend très bien la game. On le verrait très bien comme assistant au directeur-général.

3) Alors que j’aurais peut-être pensé le contraire, qu’un poste de DG lui aurait plu davantage, Patrick Roy a clairement indiqué, hier aux journalistes de Québec, sa préférence pour le travail d’entraîneur-chef. Il devient presque automatiquement le favori pour l’obtention du poste l’an prochain.

Si Cunneyworth n’est pas un choix populaire, en voilà un qui le serait un peu plus…

Homme intelligent, passionné, charismatique, expérimenté derrière le banc, et dernier grand glorieux, Roy en mènerait large dans l’organisation, mais ce ne serait pas nécessairement une mauvaise chose.

Roy sait ce que ça prend pour gagner et il est capable de le transmettre à ces joueurs, comme il en a fait la preuve à Québec. 

C’est déjà un excellent départ!

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