Les Blues: maintenant ou jamais | Condon connaît Eichel | En rafale

Les Blues de St. Louis, une superbe équipe de hockey que le CH a plantée cette semaine, ont vu le jour lors de l’expansion de 1967. Dès leur saison inaugurale, ils allaient effectuer la première de trois apparitions consécutives en grande finale au cours desquelles les Blues n’étaient tout simplement pas de taille contre la puissante machine du Canadien de Montréal (même s’ils étaient là presque par défaut).

Depuis, Les Blues se sont rendus en Finale de Conférence en 1986 et en 2001. Vous voyez là l’ensemble du travail des Blues au-delà de la deuxième ronde en 47 ans d’existence. Il s’agit de la plus longue période sans Coupe Stanley de la LNH à égalité avec (qui d’autre?) les Maple Leafs de Toronto.

Au cours de la fin des années 90 et du début des années 2000, les Blues étaient reconnus année après année comme l’une des équipes de pointe dans la LNH, même s’ils ont bien failli plutôt l’être pour un chandail hideux qu’on a finalement opté de laisser à sa place : hors de vue.

Menés notamment par Al MacInnis, Chris Pronger, Murray Baron Pierre Turgeon et feu Pavol Demitra, la troupe de Joel Quenneville représentait une terreur… en saison régulière. En effet, entre 1998 et 2003, les Blues ont eu des saisons de 98 (4e au classement général), 114 (1er), 103 (6e), 98 (6e), et 99 (8e) points mais n’ont franchi le second tour qu’à une seule reprise (2001).

En 2011-12, après avoir cumulé une fiche de 6-7-0 qui succédait à des années de vaches maigres au cours desquelles ils ont raté les séries cinq fois en six ans, les Blues embauchaient le vétéran entraîneur Ken Hitchcock. Dès son embauche, ce dernier allait exercer un impact tel qu’il était nominé parmi les finalistes au trophée Jack Adams dès sa première saison à la barre des Blues.

Les années suivantes allaient voir l’expertise de Hitchcock et les résultats d’années de brillants repêchages de Jarmo Kekäläinen ramener les Blues parmi l’élite.

Cependant, leurs partisans allaient connaître à nouveau la frustration de voir leur équipe décevoir lorsque les hommes de Hitchcock ont subi l’élimination dès le premier tour trois années d’affilée.

Malgré des équipes complètes et qui semblaient, sur papier du moins, bâties sur mesure pour les séries, les Blues n’arrivaient pas à passer la porte qui les séparait de la deuxième ronde.

Cela peut s’expliquer en partie par l’absence d’un game breaker, un joueur au talent tel qu’il peut dicter à lui seul le rythme d’un match ou en déterminer l’issue grâce à un gros but marqué au moment opportun.

Même si, comme le veut la croyance générale, la défensive gagne des championnats, il n’en demeure pas moins qu’il faut marquer plus de buts que l’adversaire pour l’emporter. Il semble cependant que les Blues, dont l’entraîneur est réputé pour son approche défensive, aient omis ce détail, alors qu’au cours des séries 2013, 2014 et 2015, ils ont marqué respectivement 1.67, 2.33 et 2.33 buts par match, pour un cumulatif de 2.11. Des 23 autres équipes classées, seuls les Red Wings et les Capitals ont fait pire :

Les statistiques des Blues pour la même période, mais en saison régulière, confirment qu’il ne s’agit pas d’un manqué de talent :

Cependant, malgré que les Backes, Steen, Oshie, Berglund etc. soient des attaquants de qualité capables de produire entre 50 et 65 points en une saison et excellents en défensive, aucun d’eux n’est de niveau élite, offensivement parlant.

Or, en séries, la parité est telle que toutes les équipes peuvent réalistement gagner, peu importe leur opposant. Le calibre est similaire d’une formation à l’autre et ce sont souvent ces joueurs élites tels que Patrick Kane, Drew Doughty ou Henrik Zetterberg, qui s’approprient le contrôle de la partie ou tout simplement se manifestent au bon moment pour marquer un gros but. Ces joueurs qui ont le talent, mais aussi le pif. L’instinct du tueur.

Tout porte à croire que ce besoin est maintenant comblé, suite à la signature de Scott Gomez l’ascension fulgurante au rang de supervedette de Vladimir Tarasenko, présentement premier marqueur parmi les ailiers droits. Le DG Doug Armstrong, déjà doté d’une solide brigade défensive menée par l’excellent duo formé d’Alex Pietrangelo et Jay Bouwmeester, a donc préféré donner une chance à quelques jeunes comme Jaskin, Fabbri (blessé) et Parayko et faire l’acquisition de joueurs complémentaires apportant de la profondeur qu’apporter des changements majeurs.

Le DG des Blues a également opté pour la stabilité devant le filet, faisant confiance à Elliott et Allen à nouveau pour débuter cette saison. Ayant sans doute appris du fiasco Ryan Miller, il semble ne pas vouloir mettre tous ses œufs dans le même panier. Ainsi, si un des deux gardiens se blesse ou connaît une mauvaise séquence, l’autre peut prendre la relève sans problème.

Armstrong, à la surprise de plusieurs, a même résisté à la tentation de faire de son vieil ami le bouc-émissaire pour les déboires de ses troupes. Alors qu’il aurait été facile et même souhaitable selon plusieurs de le congédier ou de ne simplement pas renouveler son contrat arrivé à échéance, le D.G. a fait signer un contrat d’un an à Hitchcock et par le fait même, probablement mis sa propre tête sur le billot:

La folie, c’est de refaire toujours la même chose et s’attendre à un résultat different.

-Albert Einstein

Cette citation d’un obscur scientifique du siècle dernier ne semble pas avoir atteint Armstrong. Malgré trois éliminations hâtives coup sur coup, le D.G. s’est contenté de changements mineurs. Pourtant, la fenêtre

d’opportunité de sa formation est ouverte en ce moment mais ne le restera pas éternellement. Les joueurs-clé Backes (32 ans), Steen (32), Brouwer (31), Bouwmeester (32), Stastny (30) et Elliott (31) auront tous dépassé le cap de la trentaine lorsque s’amorcera la saison 2016-17. De plus, il ne serait pas étonnant de voir Steen (blessures), Brouwer (style robuste) et Backes (blessures et style robuste) vieillir et atteindre leur déclin plus rapidement.

Backes étant admissible à l’autonomie complète en juillet prochain, il obtiendra, à St-Louis ou ailleurs, une augmentation considérable que les Blues pourraient être incapables de lui offrir en raison du nombre important de joueurs dont les contrats arrivent à échéance.

Sachant que la relève des Blues est plutôt ordinaire, on peut conclure que cette saison, ça passe ou ça casse. Il faut s’attendre à ce que Doug Armstrong y mette le paquet d’ici le trade deadline car dans l’éventualité d’une autre contre-performance au printemps, lui et son entraîneur perdraient fort probablement leurs emplois

Par-dessus tout, leurs partisans ont vécu plus que leur part de déceptions depuis 45 ans mais sont demeurés fidèles malgré tout. Ils méritent d’être récompensés.

Les Blues connaissent un bon début de saison mais le contraire aurait été surprenant. C’est en series qu’ils doivent faire leurs preuves, et ce, dès cette année.

À St-Louis, le futur, c’est maintenant.

En rafale

– Quand on dit qu’il ne se passe rien, que c’est complètement mort chez le CH, aujourd’hui…

Plus mort que ça… tu meurs!

– Ça ne restera pas mort longtemps, puisque le CH affrontera coup sur coup les Sabres et les Leafs, ce weekend. Pourra-t-il poursuivre sur sa lancée? LIEN

Ma prédiction : Le Canadien perdra l’un des deux matchs du weekend… #EnvoyezVosTomates

– Si le CH fera connaissance avec Jack Eichel pour la première fois demain soir, ce n’est pas le cas de Mike Condon : LIEN

– Ce n’est vraiment pas la soirée de Marc-André Fleury… :

Correction: Le but a été marqué par John Klingberg.

– Encore 2-4 semaines d’absence pour Pavel Datsyuk : LIEN

Après leurs trois défaites consécutives, les Wings doivent avoir hâte de retrouver leur magicien…

– Si les Blues passent pus dans porte, il en va tout autrement pour le Wild! #hehe

– Alex Wennberg a eu l’honneur de marquer le premier but des Blue Jackets de l’ère Torts :

Ce but lui donnera-t-il un sursis, en attendant les foudres inévitables du coach? #NextQuestion

Indeed :

– Célébration de l’année, jusqu’à maintenant :

 

 

 

 

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