Leblanc : À Montréal pour y rester

Autre défaite crêve-cœur du CH ce soir à Tampa Bay.

Il ne peut plus s’en permettre beaucoup des comme ça d’ici la fin de la saison.

Mais bon, je voulais vous parler de Louis Leblanc. C’est donc ce que je vais faire.

Déjouer les attentes

Lors de son rappel à la toute fin du mois de novembre, on pensait tous que Louis Leblanc ne serait là que pour dépanner pendant quelques matchs, un peu comme les Palushaj, Engqvist et Blunden de ce monde.

Pourquoi perdre un an sur son accès à l’autonomie complète? se disait-on dans nos savants calculs.

Pourquoi ce joueur, qui a encore une quinzaine de livres à prendre pour avoir l’air d’un homme, resterait-il à Montréal pour la balance de la saison? se disait-on en jasant le bout de gras.

Leblanc est souvent bien placé sur le glace
Photo: TVA

Pourquoi lui faire perdre son temps à Montréal alors que l’équipe ne va nulle part, ne devrait-il pas plutôt jouer de grosses minutes à Hamilton? se disait-on encore en bons gérants d’estrades.

Eh bien, les réponses à ces questions c’est Louis Leblanc lui-même qui nous les donne match après match.

Commençons par les faits :

– 2 buts, 3 passes, 16 lancers, + 3 en 14 matchs.

Pas trop mal pour un gars qui joue en moyenne 10 minutes par match.

On ne peut pas être +3 après 13 matchs dans la LNH si on prend constamment les mauvaises décisions et que notre positionnement est déficient.

Mais c’est sa manière de jouer davantage que ses statistiques qui impressionne dans son cas. Leblanc n’a pas l’air d’un jeune Kovalchuk sur la glace, loin de là. Ce qui le distingue, c’est la maturité, l’intensité et l’efficacité qu’il affiche dans son jeu. Il semble toujours prendre la bonne décision avec la rondelle, est toujours bien placé lorsqu’il ne l’a pas et il n’abandonne jamais.

J’ai eu la chance de le voir jouer deux fois à Verdun l’an passé. On l’a aussi tous vu aux CMJ où il avait bien fait avec une récolte de 7 points et du jeu intense. Pas flamboyant, mais brillant et très impliqué. En un mot : efficace.

Malgré une bonne saison en général l’an passé, saison jouée en dépit d’une blessure à l’épaule qui l’a ennuyé pendant une bonne partie de l’année, jamais on n’aurait pensé que Leblanc pourrait « coller » dans la LNH dès cette année.

Déjà qu’il y en avait plusieurs pour dire que Leblanc n’avait rien cassé avec ses 57 points et 26 buts en 51 matchs à Verdun.

La vérité est que Leblanc a énormément progressé depuis l’an dernier. Pas d’une façon spectaculaire, mais il s’est amélioré dans tous les aspects du jeu, et surtout, il s’est adapté très facilement à la rapidité de la AHL puis à celle de la LNH. Ce n’est pas rien. Certains n’y arriveront jamais. #CoreyLocke

Même avec les retours éventuels de White, Gionta et Gomez, comment pourra-t-on le retourner à Hamilton avec la qualité de jeu qu’il offre à l’équipe montréalaise?

Un, après Desharnais et Eller, on peut déjà dire que Leblanc est meilleur que Gomez, beaucoup plus efficace en tous cas. 

Deux, White saura-t-il déloger Leblanc dans la formation? Si oui, comment et pourquoi? Plus robuste, plus expérimenté? Ouin, ça s’arrête pas mal là. Ah oui, son salaire est oui beaucoup moins élevé que celui de Leblanc.

Mais il reste que, fondamentalement, White est un moins bon joueur de hockey que Leblanc. Beaucoup moins bon, en fait. Et si le CH veut lutter pour une place en séries, il aura besoin de tous les bons joueurs à sa disposition.

Déjà qu’il doit jouer pour .622 d’ici la fin du calendrier et il a 25% des chances d’y parvenir pouvait lire hier sur un lien publié sur le site…

Trois, il nous reste à discuter de Nokelainen et Darche.

Les deux joueurs ont beaucoup plus d’expérience que le jeune Leblanc, ils offrent des performances honnêtes, mais côté production on repassera.

Darche a 5 points, -4  en 38 matchs malgré un temps de glace qui dépasse souvent l’entendement.

Nokeleinen? 3 points en 31 matchs, -6, en plus d’être très inconstant sur ses mises en jeu. Est-ce acceptable pour un centre de 4e trio?

Contrairement à ces deux derniers joueurs, ce qui est intéressant avec Leblanc c’est que lorsqu’on l’a utilisé dans des missions plus offensives, il a bien paru jusqu’ici. Grand Dieu, il est en train d’aider Cammalleri à se replacer, ce n’est pas rien!

Et si on veut le placer au centre (droitier) sur le 4e trio, il ne se débrouillerait pas trop mal.

Donc, en admettant que le CH aura un jour une formation complète à l’avant, ça pourrait donner ceci (inutile de mettre des # de trios) :

Pacioretty-Eller-Cole
Cammalleri-Desharnais-Leblanc
Moen-Plekanec-Kostitsyn
Darche-Gomez-Gionta
Nokeleinen-White

Difficile d’exclure Leblanc du décor, n’est-ce pas? C’est d’ailleurs ce que semblait évoquer Larry « derrière le banc » Carrière hier dans The Gazette.

Leblanc vs Latendresse

Et pour ceux qui seraient tentés de comparer son cas à celui de Latendresse en nous prévenant de ne pas virer fou avec Leblanc – ce que nous ne faisons pas – il y a un monde de différence entre les deux « dividus ».

Un est allé étudier à Harvard. L’autre, euhhh, hmmm, quelque part à Drummond pas trop de stress? Ça en dit déjà long sur leurs personnalités diamétralement opposées. #étudiantsérieux #effortsconstants

L’un a été catapulté dans la LNH à 19 ans en sautant un an de junior et sans manger de poulet « frette » dans la AHL. L’autre aura 21 ans le mois prochain et a goûté aux joies de Harvard à 18 ans, à celles de Verdun et de la LHJMQ à 19 ans et aux délices d’Hamilton à 20 ans. Disons que le niveau de maturité n’est pas du tout le même.

L’un cherchait déjà les Kodaks à 18 ans (et non les moindres, #LaVoixduVillage), l’autre se la joue on ne peut plus low profile.

Puis pour toutes sortes de raisons, entre autres les médias, les attentes envers Gui-Gui étaient beaucoup plus grandes.

Bizarre quand on y pense c’est pourtant Leblanc le choix de premières rondes.

Médias et fans ont-ils appris une chose ou deux depuis Latendresse lorsqu’il est question des espoirs québécois?  

En tous cas, à moins d’une catastrophe, et sans rien enlever au talent de marqueur de Latendresse, on peut déjà dire que les chances de survie de Louis Leblanc dans le marché montréalais semblent un peu plus grandes que celles deTender.

Leblanc vs Gallagher

On aime tous les comparaisons, n’est-ce pas?

Brendan Gallagher a émerveillé bien du  monde lors du dernier camp alors que Leblanc tentait de se rétablir de son opération à l’épaule. Le petit Gallagher paraît encore bien ces jours-ci aux CMJ étant notamment sur la glace sur les 5 buts des siens contre les Tchèques puis en marquant en désavantage numérique contre le Danemark.

Gallagher est un meilleur marqueur que Leblanc au niveau junior, ça ne fait pas de doute.

Gallagher a le compas dans l’oeil au niveau junior
Photo:TSN

Mais, avec sa performance de l’an dernier au même tournoi (3 buts, 4 passes, +6, Leblanc n’a pas à rougir. Leblanc est notamment plus rapide et meilleur le long des rampes que Gallagher, deux atouts majeurs dans la LNH.

On dit des deux joueurs qu’ils pourraient un jour, dans les meilleurs scénarios, convoiter un poste sur un 2e trio avec le CH

Reste à voir s’ils y parviendront.

Bref, on ne dit pas que dans d’autres circonstances, il ne serait pas mieux de poursuivre son stage à Hamilton, mais dans l’état actuel des choses, c’est à Montréal que Leblanc doit jouer.

Surtout si on continue de le faire évoluer entre 10 et 14 minutes par match…

PLUS DE NOUVELLES