Le tricolore en 2 questions…

Voici un nouveau texte de notre collaborateur Ken Platenpouich

Subban supplantera-t-il Markov?
Ce n’est pas tous les jours qu’un jeune défenseur de 22 ans peut supplanter un solide vétéran de 33 ans. Mais ça arrive. C’est déjà arrivé, à Montréal par-dessus le marché.

Au milieu des années 80, un certain Chris Chelios est passé devant le monument qu’était Larry Robinson. Markov n’aura jamais le statut de Robinson dans l’histoire de LNH, mais le scénario n’est pas si différent. Mais rien ne nous dit que Subban, lui, n’aura pas un jour le statut de Chelios. Puis, au même âge, Subban est de loin supérieur à Markov.

Par ailleurs, la hiérarchie chez les défenseurs s’établit presque toujours en termes de temps de glace. Question : à qui donneriez-vous 24-25 minutes soir après soir, Markov ou Subban? À mon sens, poser la question c’est y répondre.

Le premier est un joueur vieillissant, de surcroit fragile, qui a joué une cinquantaine de matchs dans les deux dernières saisons. Le second est un des joueurs les plus énergiques de la LNH. Il apprend aussi rapidement qu’il patine et peut physiquement rivaliser avec à peu près n’importe qui dans les coins de patinoire.

Chez les défenseurs offensifs, la fameuse hiérarchie s’établit aussi, en partie, par les responsabilités en avantage numérique. Depuis le début de l’été, on entend très souvent que Markov alimentera Subban en avantage numérique en assumant que ce dernier aura la mission première de décocher son précis et puissant tir sur réception. Peut-être.

Mais rien n’est moins certain. Markov a toujours évolué et obtenu du succès à la pointe gauche alimentant les Souray, Streit et Bergeron. Les occasions où on a voulu en faire le « gunner » ou le passeur à droite ont toujours été beaucoup moins concluantes.

Cela veut-il dire que Subban recevra les passes de quelqu’un d’autre sur la première unité du jeu de puissance? Quelqu’un qui pourrait s’appeler Yannick Weber, un autre droitier, qui viendrait pour ainsi dire remplacer le travail que faisait Wisniewski l’an dernier?

Je ne dis pas que c’est ce qu’on l’on verra dès le premier match de la saison, mais je doute très fort que le gaucher Markov soit plus efficace que le droitier Weber à la droite de M. Subban.

Contrairement à Michel Bergeron qui veut un gaucher à gauche et un droitier à droite, je préfère de loin deux défenseurs lançant du même côté en avantage numérique afin de faciliter le lancer sur réception du droitier à gauche ou du gaucher à droite. Mais pour que la passe arrive rapidement et précisément, il faut préférablement que le passeur, lui, joue de son côté naturel. C’est du moins ce que nous enseignent les années fastes du CH en avantage numérique ces 5-6 dernières années, la clé du succès en PP repose sur le tir sur réception d’un spécialiste en la matière et celui-ci doit recevoir des passes précises et rapides qui causent une fraction de seconde de retard chez la défensive adverse.

Personnellement, je relèguerais Markov à la deuxième unité en compagnie du plus méritant parmi  Gorges, Yemelin, Spacek ou un attaquant. Mais encore là, pourquoi pas le faire jouer avec Subban sur la deuxième unité? Je ne vois pas où serait le problème si on faisait jouer Subban deux minutes (ou presque) en avantage numérique, surtout quand le score le commande. Mais si on le fait jouer avec Markov, il devra jouer à droite. On perdrait peut-être le tir sur réception, mais ça aurait l’avantage changer la stratégie et mélanger la défensive adverse.

 

Enfin, la morale de tout ça est que si l’organisation montréalaise veut que Markov lui en donne pour son argent lors des trois prochaines saisons, il devra le ménager et cela commence par le reléguer au rang de numéro deux en défensive. Aussi simple que ça.

Markov devra aussi apprendre, un peu comme Hamrlik a su le faire à son âge, à modifier son jeu. Non pas que Markov n’ait jamais eu un style à la Bobby Orr, mais d’une manière ou d’une autre, il devra trouver le moyen d’être plus efficace en dépensant moins d’énergie, autant offensivement que défensivement. Les saisons de 60 points seront probablement choses du passé, mais celles de plus de 70 matchs peut-être plus communes.

Gauthier a-t-il terminé son magasinage?
Y a-t-il plus classique comme question à ce temps-ci de l’année? Pense pas! La réponse courte serait de dire oui. La réponse longue, elle, est plus nuancée.

Je pense que l’on peut oublier la signature d’un joueur important d’ici le début de la saison. Même le fameux centre droitier défensif pourrait passer son tour cette saison, c’est tout dire! Sans écarter la venue d’un joueur de soutien intéressant (ou pas pire), on donnera vraisemblablement la chance à White et Engqvist d’occuper ce rôle en octobre.

J’ai bien l’impression que Gauthier voudra se garder un montant d’argent assez important en début de saison afin de réparer un éventuel toit qui coule ou, préférablement, afin d’avoir les coudées franches à la date limite des transactions pour dénicher un joueur d’impact. Après tout, c’est le plan qu’il s’était donné l’an dernier et je ne vois pas pourquoi ça aurait changé.

Avec un Markov qui pourrait tomber au combat avant les Fêtes –ce que je redoute comme la peste- Gauthier fera bien d’être économe cet été. Et si le jamais le genou de M. Markov tenait le coup et que les autres joueurs clés tenaient le coup eux aussi, plutôt que de faire du rapiéçage, votre DG préféré pourrait avoir le luxe de mettre la main sur un joueur pouvant faire une différence le printemps venu…

On semble de plus en plus penser à Montréal, et un peu partout ailleurs, que la clé du succès repose sur la profondeur autant en défensive qu’en offensive. Le CH n’est peut-être qu’à un centre d’expérience de qualité d’atteindre l’objectif ultime. Il y en aura sûrement un sur le marché.

Ça pourrait être Patrick Sharp ou R.J. Umberger ou Jarret Stoll ou Tuomo Ruutu ou, who knows (mais gagez pas là-dessus) Saku Koivu.

On jase là…

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