Le système des Blackhawks vs celui du Canadien | Patience avec Hudon, mais Andrighetto mérite-t-il mieux? | Trevor Daley vs Rob Scuderi

Parfois, la meilleure façon de saisir les particularités du club qu’on suit religieusement (dans ce cas, le Canadien) est de remarquer à quel point son système contraste avec celui d’une autre équipe.

J’adore regarder les matchs des Blackhawks de Chicago puisqu’ils jouent à l’européenne. Ils sont constamment en mouvement pour offrir des options de passe en périphérie ou dans le corridor central, afin de conserver la possession de la rondelle. Leurs échanges sont directs, fluides et surtout coordonnés. La défense adverse est sur les talons, car les Hawks dictent le jeu et ils peuvent l’amener dans plusieurs directions.

Quand l’opposition refuse de leur laisser l’espace pour manoeuvrer, les hommes de Joel Quenneville sont têtus. Ils mettent tout en oeuvre pour éviter de devoir se débarrasser du disque, même quand il s’agit du choix intelligent à faire. Cela explique pourquoi Chicago peut connaitre des ennuis contre les Kings, qui préconisent un échec avant très agressif et une couverture ultra serrée en zone neutre.

La stratégie du Canadien est différente à bien des égards. Selon Sportlogiq, aucune équipe ne lobe la rondelle plus souvent en territoire défensif. C’est, en quelque sorte, une de leurs manières de générer autant de vitesse et de garder le jeu à un tempo effréné. Alors que les Blackhawks avancent en groupe avec de courtes passes, le CH place la rondelle dans des endroits stratégiques afin de créer une course pour celle-ci. Ce schéma donne, à l’occasion, des allures de jeu de pinball.

Ce qui est étonnant, c’est que, malgré tout, le Canadien réussit souvent à effectuer des entrées de zone contrôlées en gagnant les batailles qu’il crée lui-même en zone neutre (en y appliquant une bonne pression). Aussi, il provoque plus de revirements dans cette zone que n’importe quelle autre formation du circuit Bettman.

On nous répète sans cesse que les systèmes et les stratégies sont à peu près les mêmes à travers la LNH, mais ici on voit à quel point un entraineur peut mettre son empreinte sur son équipe. Deux systèmes complètement différents assurent, à leur façon, des succès à leurs équipes respectives.

Patience avec Hudon

On ne se fera pas de cachettes: Hudon, à ce stade de son développement, est déjà plus talentueux que certains vétérans de l’équipe. On sait qu’il a d’ores et déjà le potentiel pour générer plus d’offensive que Mitchell, Flynn, Smith-Pelly et Byron. Mais là n’est pas la question. Au sein d’un quatrième trio, Therrien préfère utiliser des joueurs plus rapides afin de gagner le duel des confrontations (quand Chris Neil doit suivre Mitchell en contre-attaque à pleine vitesse, c’est souvent synonyme de mauvaise soirée). Hudon utilise bien son bâton et gagne ses batailles en abaissant son centre de gravité, mais son accélération et sa vitesse sont des faiblesses.

Bon, l’Almatois s’en sort tout de même bien grâce à la rapidité de ses méninges (il a un excellent QI hockey). Et la cadence de la LNH (ainsi que celle du Canadien) ne l’a visiblement pas dépaysée jusqu’à maintenant, comme en témoignent ses deux points en autant de matchs.

Si vous aviez  déjà cette réponse en tête après avoir lu le premier paragraphe, eh bien, vous marquez un bon point.

Mais cette décision peut également être motivée par ce qu’on appelle, un ordre de priorité dans le développement de la Flanelle. Daniel Carr et Sven Andrighetto ont respectivement 24 et 22 ans. Ils seront tous deux exposés au ballotage l’an prochain. Marc Bergevin doit savoir maintenant s’ils appartiennent à la LNH. Il pourra ainsi ajuster sa gestion de l’équipe en conséquence, histoire de ne pas gaspiller des pièces de son organisation. Pour ce qui est d’Hudon, il n’a que 21 ans et c’est une bonne chose qu’il ne soit pas immédiatement indispensable au top-6 du Canadien, car il peut continuer de se développer.

Toutefois, la décision d’aligner Andrighetto sur un quatrième trio pour une troisième joute consécutive m’apparait questionnable. Il est malheureux de voir son bel élan être freiné. Je cherche par-dessus tout le « pourquoi ».

Est-ce en raison d’erreurs défensives? Ce serait typique de la part d’un jeune joueur…

Mais non! Andrighetto n’était sur la glace que pour un seul but contre les siens à cinq contre cinq. En fait, lorsqu’il évoluait à la droite de Galchenyuk et de Eller, aucun but n’a été inscrit contre lui. Et son différentiel des chances de marquer se situe à +14! Son rythme de production, lui, est de 2,3 points par heure de jeu, bon pour le deuxième rang de l’équipe derrière Galchenyuk.

Si vous préférez qu’on s’intéresse aux impondérables – il n’y a rien de mal à ça -, on peut toujours saluer ses démonstrations de caractère dans les coins, sa vitesse indéniable et son ardeur au travail (dixit André Tourigny). Le Suisse a adopté un comportement très professionnel depuis son arrivée dans la métropole.

Comprenez-moi, Therrien pourrait avoir la main heureuse au bout du compte, mais il est simplement dommage de voir Flynn et Weise lui être préférés dans des rôles offensifs.

Et si ce n’était qu’un malheureux concours de circonstances? En se creusant la caboche, on peut justifier les décisions conséquentes de l’entraineur dans une certaine mesure.

À mon humble avis, Byron mérite sa niche au sein du premier trio, bien que ce ne soit que temporaire. Son échec avant à lui seul a créé moult occasions pour ses coéquipiers, samedi. Il est le meilleur exemple que la vitesse ne pardonne pas dans la LNH moderne.

Encore par souci de méritocratie, Brian Flynn a bien droit à une audition avec des attaquants talentueux, ce que Desharnais et Fleischmann sont. Il a été brillant face aux Sénateurs et aurait très bien pu se mériter une étoile. Flynn est un joueur de soutien possédant des mains étonnamment agiles, mais ayant certaines difficultés à finir les jeux. Il pourrait nous surprendre, qui sait…

Weise, lui? Il a obtenu quelques bonnes chances aux côtés d’Eller et de Galchenyuk, malgré une utilisation restreinte. Une de ses passes a engendré le but de Jeff Petry, qui se portait en attaque. On peut déplorer autant qu’on veut le fait qu’il ne soit pas un attaquant de deuxième trio, mais son rôle sera revu à la baisse au retour de Brendan Gallagher.

Dans le pire des scénarios, ces combinaisons feront patate et on donnera un autre coup de malaxeur. Peut-être que celui-ci aiderait la cause du prince suisse, espérons-le!

On l’espère, car, dans le meilleur des mondes, Bergevin n’aurait pas à faire des sacrifices trop importants avant la date limite s’il misait sur Andrighetto et Gallagher pour occuper les chaises de top-6 à l’aile droite.

Si l’on juge que le Suisse n’est pas tout à fait prêt à chausser pareilles pointures, Cam Atkinson demeure, selon moi, l’option la plus abordable et celle qui a le plus de sens dans le contexte actuel.

À pareille date l’an dernier, je ne cessais de vous casser les oreilles avec le nom de Jeff Petry. Mes voeux ont finalement été exaucés. Vous allez maintenant me trouver lassant à ramener constamment le nom d’Atkinson dans ce genre de conversations. Toutes mes excuses…

En rafale
– Sportsnet liste les joueurs les plus difficiles à échanger de chaque équipe… Et choisit Plekanec au lieu d’Alexei Emelin?! LIEN

– Olivier Bouchard a particulièrement aimé une sortie de zone du Canadien face aux Hurricanes: LIEN

– Le Canadien aura une solide opposition!

– Est-ce que Jonathan Bernier pourra relancer sa saison après son séjour dans la ligue américaine? LIEN

– Justin Mapp commente sa signature à Kansas City.

– Où sont passés les joueurs québécois? LIEN

– Tokarski est tanné d’entendre parler de son mauvais camp d’entrainement!

– Rien qui presse dans le cas de Devante Smith-Pelly.

– Randy Carlyle (et son système archaïque) aurait été considéré pour succéder à Mike Johnston comme entraineur-chef! LIEN

Par ailleurs, beaucoup d’équipes sont dans la course pour un bon défenseur en ce moment.

– Trouba, Byfuglien et Ladd demanderaient 152 millions au total! LIEN

– MISE À JOUR (21:34) – Les Blackhawks échangent Trevor Daley à Pittsburgh en retour de Rob Scuderi!

Les Penguins retiendront 1/3 du salaire de Scuderi.

Dire que Jim Rutherford n’a même pas attendu de fournir un défenseur bougeant bien la rondelle à Mike Johnston avant de le limoger! Quelle farce! 

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