Le « nouveau» Canadien : Enfin une vraie bonne saison?

Depuis que Bob Gainey a fait le ménage à l’été 2009, le Canadien a continué de se qualifier pour les séries de peine et de misère. En 2009-2010, ils se sont classé 8e avec un maigre 88 points et la saison dernière, 6e avec un honnête 96 points, mais sans plus. Sans Carey Price…

À vol d’oiseau, en 2009-2010, il n’y a pas eu de véritable cohésion dans l’équipe avant les séries, et l’an dernier, malgré un meilleur jeu défensif, tous les attaquants ont connu leur part d’ennuis ou presque.

Bob Gainey avait-il pensé avec sa tête en juin et juillet 2009?
Photo: Cyberpresse

Bien sûr, le club n’a pas à rougir de ses performances en séries lors des deux dernières années, loin de là, mais si on parle de « saisons », il n’y a rien eu de bien excitant, malgré quelques beaux efforts individuels ici et là, comme ceux de Price et Subban l’an dernier. Collectivement, le CH n’a pas encore atteint un autre niveau en saison et n’a pas encore rejoint ce fameux « premier tiers », si cher à Pierre Gauthier.

À quand une vraie bonne saison de la part de tous au plan individuel et, particulièrement des gros salariés du club?

Puis, à quand une vraie bonne saison au plan collectif avec un jeu à 5 contre 5 dominant?

Bref, à quand une vraie bonne saison?

Is this the year?

C’est ce que semble avoir pensé dernièrement les Jacques Demers, Michel Therrien et Bertrand Raymond, qui demeure cependant un peu septique, malgré sa comparaison avec le club de 1993.

Pour ma part, je suis très septique et ça n’a pas grand-chose à voir avec la fiche au camp d’entraînement.

Allons-y donc d’un petit tour de questions qui pourraient nous éclairer sur les chances du Canadien d’en connaître une vraie bonne.

Des vétérans qui doivent assurer…

Est-ce que Cammalleri jouera à la hauteur de son talent? Évitera-t-il les blessures? Je pose les deux questions car même lorsqu’il était en santé lors des deux dernières campagnes, trop souvent Cammy ne parvenait pas à se démarquer et à justifier son salaire de 6 M$. Sa moyenne de .74 PPM depuis qu’il porte le Bleu-Blanc-Rouge n’a rien à voir avec ses saisons de 80 points réalisées à Calgary et L.A. Ça ne peut pas juste être la faute de Jacques Martin et de Tomas Plekanec! S’il jouait en saison, à 85% comme il joue en séries, il les ferait encore ses 80 pts par année. Go Mike, this is the year!

Cammy dans le temps de son sourire d’un point par match…
Photo: La Presse Canadienne

Après avoir continué à surfer sur son gros contrat depuis son arrivée à Montréal, Gomez a-t-il enfin réalisé qu’à 32 ans, il faut faire plus d’effort pour rester au top niveau? Le Gomer a connu un très solide camp, on le voit plus mince, plus rapide, plus incisif que l’an dernier. Si en plus il décidait de devenir moins prévisible, comme il semble le démontrer un tirant plus souvent et en se rendant davantage au filet, ce sera peut-être l’année du grand pardon pour l’Alaskien.

Gionta, lui, va-t-il nous faire une troisième saison de 46 points en ligne ou pourrait-il étirer le bras pour allez en chercher une dizaine d’autres? Ceux qui disent que ça va dépendre de Gomez n’ont pas tout à fait tort…

Erik Cole, Max Pacioretty et Andrei Kostitsyn parviendront-ils à marquer et créer du traffic devant le filet sur une base régulière? Dans une équipe de Schtroumpfs comme le CH, les joueurs de ce gabarit prennent une importance capitale. Ce sont eux qui doivent rendre la vie plus facile pour Gionta, Cammalleri, Gomez, Plekanec et Desharnais. Des saisons de 40 à 55 points et du jeu robuste pour ces trois joueurs ne seraient pas un luxe à Montréal.

On disait que Kostitsyn, Pacioretty et Cole pouvaient et devaient faire une différence cette saison. Que dire de Desharnais et Eller? Imaginez comment le CH présenterait une attaque et un jeu à 5 contre 5 plus dynamiques si ces deux joueurs s’approchaient du plateau des 40-45 points. Ce serait le jour et la nuit avec l’an dernier.

Des points d’interrogation en défensive, vous dîtes?

Quel genre de saison nous réserve P.K. Subban? P.K. est devenu «big» pas mal vite lors des deux dernières années, la confiance déborde de partout, mais le focus, lui, doit rester dans sa boîte. Avec toutes les compagnies et les demandes en tous genre qui lui pleuvent dessus, P.K. doit rester les deux pieds sur terre et se concentrer à prendre soin de son dos. Son équipe a besoin de lui, et avec la blessure de Markov et les départs de Hammer et du Wiz, elle a besoin qu’il soit encore meilleur, bien meilleur que l’an dernier. Ce qui déjà ne sera pas une petite commande…

Une question incontournable maintenant, quand reviendra Markov et quel genre de Markov patrouillera la ligne bleu du CH lors de son prochain retour? Ne vous fiez pas à ces belles paroles de gros Russe viril comme quoi il sera plus fort et tralalère. Sera-t-il plus lent? Probable. Plus craintif dans les coins? Faut croire, et on ne le blâmerait même pas si c’était le cas. Ça devrait donc logiquement nous donner un Markov moins efficace  défensivement et plus limité offensivement à 5 contre 5. Restera l’avantage numérique où son intelligence, ses passes et sa vision du jeu continueront de déjouer l’adversaire. Mais à 33 ans, après toutes ces blessures, le Markov de 64 points et 24-25 minutes par match pourrait bien ne jamais revenir.

Mais peut-être bien une surprise…

Aura-t-on une surprise de taille dans l’alignement cette saison? Eh bien, s’il y en a une, un peu comme pour Desharnais l’an dernier, elle sera encore une fois, littéralement de petite taille.

De tous les joueurs qui risquent de jouer à Montréal cette saison, Rafael Diaz, 5’11, 195 lbs, peut-être en talons hauts avec des poches de sable dans ses shorts, est celui qui pourrait nous surprendre le plus.

Diaz a pulvérisé la Ligue Nationale suisse lors des deux dernières saisons…
Photo: Keystone

Je ne pense même plus qu’un séjour à Hamilton soit à prescrire dans son cas. Sa capacité d’adaptation a été visible de match en match durant le camp et à Québec contre Tampa Bay, sur le but de Darche, il a fait tout un jeu à la ligne bleue pour libérer Spacek qui lui a repéré le #52. Un déplacement latéral formidable et une passe à Spacek digne d’un joueur de talent.

Après un début de vingtaine modeste dans la Ligue nationale suisse, qui n’est quand même pas une ligue minable et toute croche, Diaz a littéralement explosé lors des deux dernières saisons en produisant pas moins de 70 points en 94 matchs! C’est des points en ta… On dira ce qu’on voudra, mais le CH a l’œil pour les Suisses. Enfin, voici ce que dit le magasine spécialisé Mckeen’s sur son Diaz : « could be a real find ». 

Cela dit, ce n’est pas les points d’interrogation qui manquent à la ligne bleue. En ce sens, une heureuse surprise ne ferait vraiment pas de tort.

Carey : Cool as a cucumber

Enfin, je ne serai pas très original, mais j’ai de la misère à m’inquiéter pour Carey Price. Après Georges Vézina, surnommer le « Concombre de Chicoutimi », on se retrouve presque 100 ans plus tard avec le tout aussi cool, « Concombre d’Anahim Lake, BC ». Carey Price a connu exactement le même genre de camp que l’an passé et il ne fera que devenir de plus en plus intimidant pour les tireurs adverses. S’il y a des points d’interrogations à la ligne bleue, le CH et ses fans auront leur lot de points d’exclamation devant le but.

Ce qui ne sera peut-être pas le cas lorsque l’acolyte de Price, à qui l’on souhaite tout de même de jouer 20 matchs, sera d’office.

Bref, 1300 mots plus tard, la question demeure cependant toute entière : auront-ils enfin une vraie bonne saison ces « nouveaux Canadiens »?

La réponse nous sera fournie dans les 7 prochains mois.

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