Le curieux dossier de Mike Richards | Les Kings ne gagneront pas nécessairement leur cause

L’inévitable est survenu: l’association des joueurs a contesté la décision des Kings de résilier le contrat de l’attaquant Mike Richards.

L’AJLNH ne pouvait fermer les yeux sous aucun prétexte. Une inertie aurait pour effet de créer une nouvelle tendance. « Tiens, je n’aime pas le contrat de joueur X. Voyons voir s’il ne remplit pas toutes les conditions ou s’il fait quelque chose de ténébreux, nous allons ainsi pouvoir le larguer ».  De façon inhumaine, on jouerait alors sur toutes les technicités de la convention collective pour invalider le contrat d’un individu.

L’association des joueurs détenait 60 jours pour formuler un grief contre les Kings. Il semble qu’elle déposera une demande d’audience accélérée, car, autrement, la procédure nécessiterait deux mois. L’AJLNH veillera évidemment à ce que le statut du principal intéressé soit clarifié avant le début des hostilités dans la LNH, préférablement même avant le début des camps. C’est un arbitre impartial qui entendra la cause, et non Gary Bettman.

Rappelons que, selon le Winnipeg Sun, la Gendarmerie royale du Canada aurait ouvert une enquête à l’endroit de Richards, qui aurait tenté de franchir la frontière canado-américaine pour importer de l’OxyContin.

Qu’est-ce que l’oxycontin?

« L’OxyContin est un analgésique semi-synthétique, de classe opioïde (narcotique), formulé pour libérer de l’oxycodone sur une longue période. Administré selon les directives, l’OxyContin est efficace et sécuritaire. »

Qu’est-ce que l’oxycodone?

« L’oxycodone est un médicament sur ordonnance à base d’opiacé souvent utilisé comme analgésique pour soulager les douleurs moyennes à fortes de courte ou de longue durée, la douleur chronique ainsi que la douleur liée au cancer et à d’autres conditions débilitantes et terminales. »

L’oxycontin est un médicament pouvant être légalement prescrit. Si Richards va à l’encontre de la loi, c’est forcément parce qu’il en possède – et parce qu’il tentait possiblement d’en importer – sans détenir une prescription. Il peut donc faire face à des accusations de possession en vertu du Code Criminel et de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Il peut également être accusé de trafic et contrebande en vertu de la Loi sur les douanes du Canada. Jusqu’à maintenant, il faut toutefois préciser qu’aucune charge n’a été portée contre lui.

Les Kings auraient essayé d’échanger Richards lors de la première ronde du repêchage, mais auraient immédiatement rompu les discussions quand ils ont été avertis de l’incident. Ils l’auraient ensuite soumis au unconditionnal waivers, ce qui est habituellement la phase initiale du processus de rachat de contrat. Mais l’organisation n’a pas racheté le contrat de Richards, elle l’a résilié. Pour l’équipe, il n’y a pas meilleur scénario. Non seulement elle ne doit pas lui verser le 2/3 du salaire restant de son contrat, mais elle se soulage entièrement de son impact sur la masse salariale.

Voici ce qu’un rachat de contrat aurait impliqué. Ça tombe bien, on a exploré ensemble cette facette de la convention de la collective il y a quelques jours.

En 2018-2019 et 2010-2020, Richards aurait occupé plus de quatre millions de la masse salariale des Kings sans même jouer pour eux.  Et il aurait continué d’être payé et d’exercer un impact jusqu’en 2024-2025.

À mon sens, l’organisation californienne a fait preuve d’un opportunisme cruel, insensible, pour se départir efficacement d’un pacte défavorable. On n’a pas géré la situation de Slava Voynov de la même façon et il ne faut pas chercher trop loin pour comprendre: la vérité est qu’il est encore utile à l’équipe et on a grandement besoin de ses services.

Mais est-ce que les Kings gagneront leur cause? Pas nécessairement.

Eric Macramalla, un expert des dossiers judiciaires, souligne avec raison que les Kings ne devraient pas utiliser la possession illégale d’OxyContin comme argument, puisque la pire sentence que la politique antidrogue de la LNH prévoit est une suspension d’un an sans salaire. Aucune clause ne permet ou ne justifie l’annulation d’un contrat dans de telles circonstances.

Selon Macramalla, les Kings argueront plutôt que Richards ne les a pas avisés de la situation alors qu’ils tentaient de l’échanger. Et cet argument n’est certainement pas sans faille, parce que cela revient à assumer qu’il existe une obligation positive d’informer son équipe de son arrestation.

Que les Kings ou l’association des joueurs ait gain de cause, Mike Richards demeurera un agent libre sans restriction pouvant s’entendre avec les trente équipes de la LNH. La suite des choses déterminera si le contrat sera résilié ou racheté.

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