Le Canadien doit songer à remanier son équipe de dépisteurs professionnels

Une tonne de sceptiques étaient à confondre lorsque Frederik Andersen a été l’homme acquis par les Maple Leafs pour régler l’éternel gouffre qui se dressait entre les deux poteaux du Air Canada Center. Sacrifier un choix de premier puis de deuxième tour pour un portier était un geste controversé, surtout lorsque l’on considère que Jonas Hiller et Victor Fasth, deux gardiens plus qu’ordinaires, avaient auparavant connu du succès derrière la défensive imperméable des Ducks d’Anaheim avant de perdre leur emploi en changeant de formation.

Lou Lamoriello était pourtant convaincu de son coup. L’espionnant durant des mois, les Leafs savaient avec une précision incroyable qu’il s’adapterait à merveille à sa nouvelle équipe. En fait, Frederik Andersen était un nom parmi tant d’autres sur leur liste d’épicerie. Au départ, les dépisteurs de Toronto étaient chargés d’observer plusieurs gardiens différents, puis de noter leurs forces et leurs faiblesses. Analysant le tout, l’état-major de la Ville-Reine a ensuite pu mettre ses jetons sur le candidat qui seyait le mieux au style de jeu de l’équipe.

Rien n’était laissé au hasard : bien entendu, il y avait un risque important inclus en procédant à cette transaction… mais celui-ci était contrôlé avec une exactitude remarquable.

Puis, à 548 km de là se trouve dans la ville de Montréal un DG qui se nomme Marc Bergevin.

Le pauvre Marc Bergevin, lui, s’apitoie sur son sort : avant sa transaction monstre, très peu de gens auraient pu prédire que la chimie n’allait pas opérer entre Max Pacioretty et sa nouvelle coqueluche, Jonathan Drouin.

Pardon?

Le Canadien rémunère six hommes d’expériences dont le boulot se résume à évaluer le talent des équipes adverses et prendre des notes. Ceux-ci, que l’on nomme dépisteurs professionnels, possèdent un éventail de tâche bien simple : remplir des rapports sur certains joueurs ciblés puis analyser leur potentielle intégration dans l’équipe.

Si le Tricolore croyait mordicus que Jonathan Drouin deviendrait un centre vedette, agissant à titre de passeur vedette pour Max Pacioretty, il y a un sérieux problème! Des évaluateurs de talent auraient dû être en mesure d’indiquer au CH que les patrons de jeux des deux attaquants en zone défensive ne se marieraient pas adéquatement!

Furtif, Jonathan Drouin est un joueur efficace offensivement lorsqu’il reçoit une passe en zone neutre pour ensuite contrôler la rondelle en entrée de zone puis créer des jeux pour son centre qui le suit. Même dans la LHJMQ, il semblait évident que celui-ci n’était pas dans sa chaise, au poste de pivot.

Si ce manque de jugement sera pardonnable à long terme, d’autres bévues des espions du CH le sont beaucoup moins. Comment a-t-on pu croire qu’Andreas Martinsen, Steve Ott, Dwight King, Nikita Nesterov, Stefan Matteau, Victor Bartley et Ben Scrivens étaient des joueurs qui pourraient aider le Canadien?

Tous ces patineurs sont soit expatriés, dans la Ligue américaine ou à la retraite, présentement…

Sans oublier qu’aucun éclaireur n’aura cru bon s’opposer au lourd contrat octroyé à Karl Alzner, dont le coup de patin a pris un sérieux coup de vieux.

Les qualités de détecteur de talent de Marc Bergevin sont fréquemment vantées par ses homologues. Si le manitou possède vraiment ces aptitudes, il saura juger que ses dépisteurs en place ne font présentement pas le boulot.

Difficile de renvoyer des employés qui sont nos amis…

En Rafale

– Marc Bergevin avait dit que Charles Hudon ferait partie d’un comité formé pour compenser la perte d’Alexander Radulov. Aujourd’hui, il joue à sa position, à la droite de Max Pacioretty et Phillip Danault!

– Les Bruins tiennent à leurs espoirs.

– J’adore Dominique Ducharme, mais il me semble qu’un passage dans la Ligue américaine serait préférable pour lui avant de passer aux choses sérieuses.

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