Je n’écouterai pas le Match des «Étoiles» cette année

Il est parfois facile de donner le bénéfice du doute à la LNH, lorsqu’il est question d’un dossier désavantageux qui est toutefois rentable. Personnellement, je n’ai aucun problème avec la mentalité monétaire de Gary Bettman et ses collègues, sauf lorsque cette dernière affecte le produit offert aux amateurs de hockey.

Je pense notamment au fait de ne pas offrir d’équipe à la ville de Québec. Les motivations sont monétaires et tiennent compte des gains potentiels face à un marché non-exploité. J’accepte cette réalité sans toutefois oublier que ces mêmes hommes s’entêtent à faire survivre des franchises désuètes dans des endroits comme l’Arizona, la Floride et la Caroline.

Comme contre-exemple, les Jeux Olympiques. Le désir du profit brise une tradition et enlève partiellement aux amateurs un évènement qui les rassemblent chaque année.

Lorsqu’on en vient au Match des Étoiles, je ne savais pas trop quoi en penser. Mais cette année, les alignements dévoilés par le circuit sont franchement dysfonctionnels et éclaire un problème grandissant.

Cet évènement qui jadis fonctionnait tourne au vinaigre. Cette année, je n’écouterai pas le Match des Étoiles.

La source du problème

Il est important d’établir les liens cause-conséquence afin de comprendre d’où vient le problème. La formule telle du tournoi est à la source des questionnements.

À la base, un tournoi à 3 contre 3 peut sembler alléchant. Le jeu est rapide et dynamique, les joueurs ont beaucoup d’espace pour manoeuvrer et la ligue peut engranger plus de bidous grâce à une quantité plus élevée de matchs et de temps d’antenne.

Cette formule pousse toutefois la ligue à se séparer en quatre divisions, imposant donc nombre de contraintes lorsque vient le temps de sélectionner les Étoiles.

En ce moment, être sélectionné pour le Match des Étoiles n’est plus autant un honneur. Pour ceux qui y participent pour une première fois, comme Thomas Chabot, l’expérience s’annonce inoubliable. Par contre, des joueurs comme Sidney Crosby et Alexander Ovechkin, qui sont les véritables étoiles de ce match qui doit les regrouper, l’attrait s’est détérioré et le repos est désormais priviliégié.

La solution

Revenir à une formule à deux équipes revigorera l’évènement et son attrait aux yeux des amateurs et des joueurs. Afin de remédier au manque de temps d’antenne qui accompagne la présentation d’un seul match, revenons au repêchage du Match des Étoiles.

Deux capitains sont nommés et repêchent leur équipe, à la télévision. Des moments cocasses en ressortent souvent et l’ambiance est déjà plus plaisante, pour les joueurs.

Et si on ne souhaite pas ramener cette formule, le format Est-Ouest pourrait être dû pour un retour.

Les conséquences du problème

Tout d’abord, les alignements dévoilés par la LNH sont… particuliers. Le fait de diviser les joueurs en quatre sections ET d’imposer la présence d’un joueur par équipe rend la formation d’une équipe légitime presqu’impossible.

On l’a vu cette saison alors que le potentiel candidat au trophée Vezina Andrei Vasilevskiy cédera sa place à Carey Price et Jimmy Howard, tandis que les futurs candidats au trophée Norris Mark Giordano et Morgan Rielly ont été tassés du portrait. Les inégalités sont nombreuses. Gardons en tête que certains pourront participer au Match grâce au vote du public du ‘Last Men In’.

Mark Giordano est pressenti comme le gagnant du Trophée Norris, mais pourtant.

Marc-Antoine Godin a aussi noté aujourd’hui que Steven Stamkos et John Tavares (vedettes) ont pris la place de Mitch Marner et Brayden Point puisque ces derniers ne sont pas aussi attrayants d’un point de vue publicitaire. D’autres oublis intra-équipes sont toutefois dû au fait qu’il y a trop d’attaquants de qualité parmi lesquels choisir : Keith Yandle au lieu d’Aleksander Barkov, sans blague?

Des joueurs qui ne sont pas de calibre «étoile» participeront au Match des «Étoiles». Ironique, non? Voilà un énorme problème. Le concept même de l’évènement est mis de côté pour accomoder certains marchés qui ne produisent pas de vedettes.

La solution

Outre le format en tant que tel, que je suggère de modifier, abolir la nécéssité d’un joueur par équipe réglera une partie des inégalités. Pour ce qui est du reste, c’est la ligue qui doit se concentrer sur les joueurs les plus méritants, et non ceux qui font de la bonne publicité.

J’oubliais. 6 attaquants, 3 défenseurs et 2 gardiens. Il n’est pas normal que seulement 9 défenseurs soient des alignements ; au sein d’un format à deux équipes, il y en aurait 12.

Si j’avais à monter des équipes grâce à cette mentalité, voici ce que ça donnerait. Ils représenteraient ceux-ci, si vous voulez vous rafraîchir la mémoire.

 

Frederik Andersen et Dustin Byfuglien n’ont pas été considérés en raison de leur blessure. 

«Oui, mais l’Avalanche, le Lightning, les Flames et les Capitals ont beaucoup trop de joueurs!»

Oui, en effet. Car leur alignement est constitué de certains des joueurs les plus productifs de la Ligue nationale. Je vais citer Ben Shapiro là-dessus : «Facts don’t care about your feelings.»

Écouterez-vous le Match des Étoiles cette année?

En rafale

– Est-ce que les Suisses connaîtront une histoire similaire à celle des Allemands aux Jeux Olympiques?

– J’adore!

– Le Canadien vanté.

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