Hausse défendable, communication décevante

Pendant que le Canadien de Montréal échangeait son capitaine quelques heures avant le début de son tournoi de golf, que les Alouettes de Montréal tentaient vainement de retrouver une certaine pertinence en transformant un soir de match en soirée tinder (ça ne s’invente pas), notre bon vieil Impact de Montréal a réussi à faire parler de lui en annonçant maladroitement une hausse de tarif pour ses abonnés de saison.

Tout débute il y a environ deux semaines alors que certains amateurs se plaignent sur les réseaux sociaux d’avoir été contactés par leur représentant des ventes en se faisant indiquer une forte hausse du prix de leurs billets de saison à cause d’une restructuration du plan de salle du Stade Saputo et détail important, l’élimination de leur clause grand-père.

Le journaliste Jeremy Filosa s’est alors mêlé de la partie en annonçant sur Twitter que ce serait suite à une demande de la MLS que l’Impact aurait augmenté ses prix. L’équipe ne générerait pas assez de revenus et le relativement bas prix de ses billets de saison serait en cause. L’Impact a donc finalement choisi ce moment pour briser le silence et pour annoncer que la hausse serait publiquement expliquée prochainement et, surtout, qu’elle n’était pas une commande de la MLS.

Il a ensuite fallu 5 jours jusqu’à hier, mercredi 12 septembre, pour que Richard Legendre se promène de Tony Marinaro à Nicolas Martineau en passant par Jean-Charles Lajoie pour offrir des explications. Convaincantes ou pas? C’est évidemment subjectif, mais si on peut comprendre les arguments du vice-président de l’Impact quant à la hausse de prix, la « manière » fait cruellement défaut. Encore une fois.

En somme, l’Impact procède à une reconfiguration de sa structure de prix. Lors de l’arrivée de l’équipe en MLS en 2012, certains fidèles ont profité d’une clause grand-père leur permettant de conserver pratiquement le même tarif d’année en année. Une clause qu’on peut comprendre difficile à honorer après 6 ans dans la grande ligue. Toutefois, contrairement à ce qui a été mentionné sur les réseaux sociaux, le tarif de fidélité pour les abonnés qui renouvellent et qui leur assure une augmentation avantageuse et limitée d’année en année demeure.

Sinon, la reconfiguration du stade que propose l’Impact semble tout à fait logique.

Visiblement, l’Impact a réalisé que ses billets les plus prisés sont au large du terrain, en bas et en haut des estrades nord et sud du Stade Saputo. Les partisans préfèrent idéalement être très près du terrain ou bien vraiment plus haut pour profiter à la fois d’une meilleure vue ainsi que du toit en cas de pluie. La nouvelle segmentation de prix prévoit donc une forte augmentation pour ces sièges, ce qui poussera probablement plusieurs abonnés à changer d’endroit pour conserver un prix abordable. Cela permettra à l’Impact d’incidemment faire un meilleur profit sur ces sièges à la pièce, espérant également les vendre plus facilement, régulièrement. C’est logique, ça se défend, et l’idée n’est pas folle. D’ailleurs, pour certains qui voient leurs billets augmenter drastiquement, d’autres ont reçu de meilleures nouvelles!

Pourquoi, alors, ne pas directement communiquer cette nouvelle de façon développée et précise à ses abonnés de saison? On parle ici de la base de l’Impact, relativement irréductible, qui est définitivement capable de comprendre la logique d’une telle segmentation. Si l’idée de contacter les plus anciens d’entrée de jeu n’est pas mauvaise, il était presque certain que l’information sortirait éventuellement sur les réseaux sociaux. Comment, alors, prendre près de 5 jours avant d’offrir une explication publique à ses partisans?

La première chose qu’on a apprise par la tournée de Richard Legendre, c’est que l’ex-ministre du Parti Québécois n’a pas perdu ses réflexes politiques. Difficile en effet de ne pas devenir cynique quand on entend Richard Legendre expliquer qu’il cherche à rehausser son nombre d’abonnés de saison, actuellement à environ 9300, au même moment où il accorde une entrevue pour expliquer une hausse du prix des billets de saison… Même constat lorsqu’il se défend d’un meilleur investissement en marketing en soutenant que « les gens savent qu’on est là ». Alors pourquoi ne remplissent-ils pas le Stade? Car ce n’est pas assez cher? Les abonnés de saison sont des alliés de l’Impact dans cette quête vers la rentabilité, difficile de comprendre pourquoi le club choisit constamment de les blâmer ou de se les aliéner plutôt que de les faire sentir privilégier.

Encore une fois, la hausse est légitime et le bas dollar canadien fait en sorte que l’Impact a des billets qui sont réellement dans les moins chers de la ligue. Reste qu’il aurait été plaisant, pour une fois, de voir un représentant de l’Impact qui tente d’allumer un feu plutôt que de tenter de l’éteindre. Les partisans gagneraient à voir un vice-président qui croit en son produit, qui explique un plan clair et défini et qui cherche des manières de non seulement « faire plus d’argent », mais surtout trouver comment attirer les gens vers un produit qui est abordable, excitant et que ses abonnés adorent déjà. Ils sont les meilleurs ambassadeurs de l’Impact! Le tout manque d’émotions, et parfois même de sérieux. Difficile d’être excité quand le vice-président affirme que ces nouveaux revenus sont attendus depuis longtemps et visent à compenser les investissements passés. Superbe incitatif à l’abonnement…

Peu inspirant, et que dire d’ailleurs de cette savoureuse réponse de Richard Legendre à un Nicolas Martineau qui lui demande des précisions sur la rumeur concernant la disparition de 1500 sièges dans la reconfiguration du Stade. « L’expérience-client est, pour nous, primordiale », répond-il entre autres.

Parlez pour ne rien dire, ne pas répondre aux questions, ça peut peut-être gagner des élections, mais je doute que ça attire beaucoup de nouveaux abonnés de saison.

Une hausse qui se comprend et se défend totalement, donc, mais communiquée de manière décevante et peu inspirante. Occasion manquée.

DANS L’ABRI
– La pause internationale est derrière nous et l’Impact affronte l’Union de Philadelphie en Pennsylvanie dans ce qui est le match le plus important de l’année (avant le prochain), pour les Montréalais. Sauront-ils construire sur l’impressionnante victoire face aux Red Bulls? Il le faudra pour se rapprocher de l’Union et surtout garder à distance un DC United encore victorieux hier face au Minnesota United.

D’ailleurs, l’entièreté des experts de la MLS pense que DC United se qualifiera devant l’Impact, ce qui n’inquiète pas trop Quincy Amarikwa.

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