GAUTHIER AUSSI DOIT ÊTRE MEILLEUR (1ère partie)

Lorsque Pierre Gauthier a pris la relève de Bob Gainey en février 2010, il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il vire tout à l’envers au Centre Bell.

Le club n’allait pas très bien, la popularité de Gainey était à son plus bas, Price ne gagnait pas et les séries étaient pour le moins incertaines. De plus,  Gauthier avait les mains liés par les gros contrats consentis par Gainey, contrats sur lesquels il avait probablement eu son mot à dire.

Son mandat, dans l’immédiat en était donc un de fine tuning, d’ajustements en vue des séries. Ça n’a pas tellement changé depuis.

Pierre Gauthier saura-t-il devenir plus grand que nature à Montréal?
Photo: Ken Platenpouich

Dès son entrée en fonction, il a mis la main sur Dominic Moore, un honnête joueur de 3e trio en retour d’un choix de 2e ronde. Le ton de son règne était donné. Moore n’a pas été retenu à l’été suivant, malgré un très bon printemps.

Puis à ce même été 2010, l’heure était venue pour un premier grand coup : l’«Échange» de Jaroslav Halak. Émois et désarroi chez plusieurs fans. Gauthier avait agi avec sa tête et non avec le cœur des fans. Méchant Gauthier.

18 mois plus tard, plusieurs commencent à penser que Gauthier aura finalement le dessus dans cet échange. Ça se défend. En Eller, Gauthier était allé chercher un joueur qui n’existait pas dans l’organisation : un grand joueur de centre talentueux.

En 2007, Eller, rappelons-le, avait été repêché au 13e rang par les Blues, tout juste derrière un certain Ryan McDonagh. On peut croire que le Canadien avait peut-être eu une petite pensée pour le jeune Danois cette journée-là…

Mis à part l’arrivée d’Eller, rien de bien compliqué sur le bureau de Gauthier au début de la saison 2010-2011. Halpern, un centre droitier d’expérience, se joint finalement à l’équipe en septembre pour colmater la brèche au centre sur les deux derniers trios suite au départ de Moore. Rien de neuf sous le soleil.

Puis les joueurs retournés à Hamilton que l’on voulait faire graduer à Montréal en cours de saison, Pacioretty et Desharnais sont arrivés en décembre pour ne plus jamais quitter. En chemin, Gauthier aura sacrifié Lapierre pour leur faire plus de place. De la petite gestion à l’interne.

No big deal, même si on peut penser que Lapierre aurait encore pu rendre de bon service à l’équipe, comme centre droitier sur le quatrième trio si on l’avait gardé dans les parages. Mais Lapierre avait sans doute ses torts, lui qui se serait finalement repris en mains à Vancouver sous Alain Vigneault.

Entre temps, Markov s’était reblessé dès son retour au jeu en novembre et le toit s’était remis à couler très sérieusement.

Échange important : Gauthier obtient nul autre que James Wisniewski, qui connaissait une saison du tonnerre avec les Islanders jusque là, pour ce qui semblait être un tout petit choix de 2e ronde.

À L’époque on se disait, s’il fallait que Wisniewski s’entende à long terme avec le club, Gauthier allait vraiment avoir réalisé un coup fumant. On connaît la suite, The Wiz a tellement été bon qu’il est devenu pratiquement hors de pris pour Gauthier qui, de toute façon avait pleinement confiance en un retour en forme de Markov.

Disons qu’ici, tout ne s’est pas passé exactement comme prévu. Nous sommes le 5 novembre 2011 et bien malin celui qui peut dire quand Markov reviendra au jeu. Au dernières nouvelles, probablement pas avant décembre…

Puis, qui est assez gambler ici pour affirmer que Markov se rendra jusqu’au mois d’avril en santé?

Entre temps, Gauthier aura mis la main sur un attaquant de puissance convoité, Erik Cole, ainsi qu’un nouveau gardien substitut, Peter Budaj.

Nous en sommes donc là depuis l’arrivée en poste de Pierre Gauthier :

-Deux échanges importants : Eller et Wisniewski
-Du patchage de toit qui coule : Mara, Sopel
-Des graduations normales à l’interne : Subban, Pacioretty, Desharnais, Weber, Emelin,
-Deux gros paris : Price (disons, gagné) et Markov (disons, osé)
-Une trouvaille sortie de nulle part : Diaz
-Un congédiement : Pearn
-Choix difficiles/pertes importantes : Hamrlik, Boucher et Muller
-Échanges mineurs : acquistions de Moore Nokolainen, départs de Lapierre, S.Kostitsyn (SK74 n’avait malheureusement plus de valeur) et Trotter
-Acquisitions mineures sur le marché des joueurs autonomes : Auld, Halpern et Budaj.
-Acquisitions majeures sur le marché des joueurs autonomes : Cole

Bref, pour un gars qui devait surtout faire du fine tuning, c’est quand même un début de mandat passablement occupé pour Gauthier et, si on est honnête et de bonne foi, on est obligé de lui donner, au moins, la note de passage jusqu’ici.

L’effet immédiat qu’aura eu le congédiement de Perry Pearn et le message qu’il a livré aux joueurs la même journée, n’ont fait que confirmé son emprise et le leadership qu’il exerce sur cette équipe. Il en a peut-être plus qu’on pensait, après tout.

Mais, lorsqu’on regarde le portrait général, le gros du travail avaitbel et bien été fait sous Gainey à l’été 2009 avec le grand ménage et toutes les acquisitions que l’on connaît. Gauthier s’est jusqu’ici assuré de garder le bateau à flot et de faire tranquillement progresser le club, d’abord et avant tout, par la graduation des jeunes talents de l’organisation.

Bon, il a bien donné un petit coup d’accélérateur avec l’ajout d’Erik Cole l’été dernier. Cela lui a permis de combler (à fort prix) 2 besoins criants : profondeur et grosseur à l’attaque. Cole, on commence à le remarquer de plus en plus, sera souvent la bougie d’allumage de l’attaque du Canadien avec ses percées au filet et ses mises en échecs. L’Américain, qui vient de célébrer son 33e anniversaire, donnera normalement du bon hockey aux Canadiens pour au moins 2 ans, on verra ensuite pour les deux dernières années de son contrat…

L’échelon supérieur

Depuis le tout début de son mandat l’objectif avoué de Gauthier est de faire graduer son club dans le premier tiers de la LNH et de l’y maintenir afin qu’il soit annuellement considéré comme un prétendant à la Coupe Stanley.

Mais si le but du jeu est encore de gagner la Coupe Stanley à chaque saison, force est d’admettre que Gauthier devra peut-être sortir un lapin de son chapeau, plus tôt que tard.

Eller, Wisniewski et Cole ont été des bons coups, des acquisitions importantes profitables à l’équipe, Gauthier a comblé de manière permanente deux besoins criants avec Cole et Eller, et on n’a vu que la pointe du iceberg dans le cas d’Eller.

Mais pour finalement entrer de pied ferme dans le club sélect des prétendants au prestigieux saladier, Gauthier devra en faire davantage.

Il devra répondre à deux besoins fondamentaux importants : 1) Mettre la main sur un défenseur étoile fiable, qui viendra solidifier la défensive pour les années à venir et 2) dégoter un gros joueur de centre de premier plan. Le grand Eller c’est bien, mais ce n’est pas assez. Ça en prend un autre encore meilleur.

Et c’est là qu’on entre dans la catégorie « plus facile à dire qu’à faire ». C’est aussi là que Gauthier, qui a récemment lui aussi fait son examen de conscience, peut démontrer à tout le monde qu’il doit lui aussi « être meilleur », s’il veut faire progresser son club.

Mais parce que le CH a plus de profondeur qu’avant dans son organisation et parce que d’autres équipes ont des besoins qui pourraient être répondus par Gauthier, un grand coup est peut-être à sa portée.

C’est quoi un grand coup?

La suite demain!

PLUS DE NOUVELLES