Galchenyuk et Therrien doivent régler leurs problèmes

Les défaites du Canadien ne sont pas entièrement imputables à Michel Therrien. Son système de jeu continue de procurer un net avantage à ses troupes sur le plan tactique. Force est d’admettre qu’il n’a aucune emprise sur leurs capacités de finition.

C’est dans la gestion d’un jeune en particulier que l’homme à cravate est en train d’errer. Et pas qu’un peu. Il y a une ligne à tracer entre la persévérance et l’obstination. Une ligne qui a été franchie depuis trop longtemps. Dans les moments difficiles, un entraineur lucide mettra son orgueil au rancart et reconnaitra ses plus vilains défauts. La prise de conscience est une forme d’intelligence qui mène à l’évolution.

M.Therrien, à quoi jouez-vous avec Alex Galchenyuk?

Il doit y avoir anguille sous roche. Espérons-le, car, autrement, la situation serait d’autant plus inquiétante.

À sa quatrième saison, Galchenyuk n’est pas encore le joueur de concession tant espéré: cet homme ultra-talentueux qu’on a porté aux nues quand la Flanelle l’a repêché en 2012.

Disons les vraies choses: il n’est plus une verte recrue, et ce, depuis longtemps. Il connait le métier.

On nous dit aussi que le temps de jeu doit être mérité. Qu’un jeune joueur ne doit pas avoir tout cuit dans le bec. Encore une fois, comment être en désaccord avec cette affirmation?

Soit, mais le développement de Galchenyuk est une histoire différente.

Pourquoi, alors, après quatre saisons, est-il géré comme s’il était une recrue, et non un joueur de quatrième année? Pourquoi l’évaluer de la sorte si on ne daigne pas de lui accorder cette considération?

On a promis à Galchenyuk une niche permanente au centre cette saison. Tout cela nous laissait croire qu’il pourrait enfin s’épanouir et jouir d’un rôle d’avant-plan dans les succès de l’organisation. Enfin, on pouvait adoucir le zèle un tantinet et le laisser prendre son envol.

Qu’en est-il? Étonnamment, ce changement s’est traduit par une baisse du temps de jeu. Un joueur de quatrième année suivant une progression graduelle doit également bénéficier d’une augmentation graduelle de ses responsabilités. Comment peut-on espérer voir un joueur éclore en diminuant un facteur important de sa production: le temps de glace pour prendre son rythme et oeuvrer?

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À forces égales, le temps de jeu de l’américain est le plus bas depuis sa saison recrue. Pour analyser son utilisation relativement aux autres attaquants du CH, j’ai jeté un coup d’oeil à tous les rapports de match de 2015-2016 et noté son rang chez les attaquants en ce qui a trait au temps de glace à 5 contre 5 (le 1er étant l’attaquant le plus utilisé, le 12e, le moins sollicité).

En moyenne, Galchenyuk arrive au 7e rang chez les attaquants pour les minutes jouées à 5 contre 5. En théorie, cela signifie aussi qu’il est écarté du groupe des six meilleurs attaquants.

Selon le principe de la méritocratie, le temps de jeu au hockey se gagne en saisissant les occasions qui sont données pour produire, aussi minces soient-elles. Le mérite est gagné lorsqu’un joueur réussit à surpasser les attentes associées à ses piètres conditions. Un joueur est d’autant plus méritant si, dans des circonstances défavorables, il contribue davantage qu’un coéquipier ayant toutes les chances de se faire valoir. Une bonne tape dans le dos est alors salutaire.

La statistique des chances confirme ce qu’on observe (du moins, ce que j’ai observé): Carr obtient beaucoup de chances en se plaçant devant le filet (mais il n’a joué que neuf matchs et ne maintiendra pas le rythme), Pacioretty ne marque pas, mais ce n’est pas faute d’essayer, le dynamisme de Gallagher manque au CH, Galchenyuk a beau être centre, il bricole beaucoup d’occasions pour lui-même, Weise passe souvent à deux doigts de marquer, mais rate la cible, Flynn est un joueur de quatrième trio intelligent muni d’excellentes mains, mais ses capacités de finition sont médiocres, Fleischmann a un bon lancer ce qui le rend dangereux, Plekanec n’en fait tout simplement pas assez pour se faire remarquer, tout comme Eller, et David Desharnais fabrique manifestement beaucoup plus de chances qu’il en obtient, ce qui est normal considérant le style de joueur qu’il est. Ah, j’oubliais: Paul Byron ne sera jamais confondu avec un attaquant top-6. Quoique…

Mais ce qui ressort, c’est que Galchenyuk est l’attaquant du CH qui saisit le mieux ses (minces) opportunités de produire, quand on ajuste la production au temps de jeu. Malgré sa mutation au poste névralgique de centre -qui lui incombe moult devoirs et aurait pu inhiber son offensive-, il pointe au 4e échelon dans la création des chances de marquer.

Que Desharnais obtienne le privilège de jouer sur le premier trio avec Pacioretty alors que Chucky est l’attaquant le plus dangereux dans la séquence noire de son équipe est justifiable. Avouons-le, la chimie entre Pacioretty et Galchenyuk a été discutable lorsqu’ils ont été jumelés. Ce dernier est davantage un centre doityourselfer, c’est-à-dire qu’il aime contrôler la rondelle et peut se bricoler lui-même des chances sans l’aide de ses compagnons de trio, tandis que David Desharnais fait de Pacioretty le point focal de son unité, car il utilise constamment ses coéquipiers pour avancer en zone neutre et ouvrir des brèches en zone offensive, en exécutant rapidement ou en patientant en attirant des joueurs vers lui.

Les séquences que j’ai retenues de Galchenyuk face au Wild

On peut toutefois mal expliquer que, lors de certaines soirées comme à Nashville où il est de loin le meilleur joueur à sur la glace, seul le quatrième trio a été moins sollicité que lui par Michel Therrien. Rappelons que cette équipe ne peut acheter un but. Dans ces circonstances, ce genre de décisions frise la démence.

L’entraineur a beau jeu de rouler à quatre trios si le talent est éparpillé convenablement à travers son alignement. Par exemple, quand Andrighetto et Hudon évoluaient sur la dernière ligne. Mais ce n’est simplement pas une stratégie viable à l’heure actuelle. Therrien devra réduire le temps de jeu de ses plombiers au profit des joueurs qui peuvent lui amener de l’attaque. Ou il devra réduire celui de Plekanec, quitte à fouetter son orgueil, car Galchenyuk lui a été supérieur à tous les égards durant la dernière tranche de cinq matchs. Et plus encore.

Les choses devront changer. Soit Therrien est un bien piètre méritocrate, soit un détail ne pouvant être mentionné sur ce site nous échappe. Qu’importe, Therrien et Galchenyuk devront régler leurs problèmes en adulte pour le bien de l’équipe.

(Les données proviennent de War-On-Ice)

En rafale
– Le nom de Tom Gilbert (blessé) a été placé sur la liste de réserve par le Canadien. LIEN
Une bonne nouvelle pour Jarred Tinordi, mais aussi pour Greg Pateryn qui devrait voir de l’action.

– Triste nouvelle: une rechute pour Dierry Jean. LIEN

– Est-ce que le début de saison du Canadien était de la poudre aux yeux? LIEN

Marc DeFoy est un autre analyste qui est tombé dans le piège en affirmant que Pacioretty ne va pas assez au filet pour marquer, alors que les faits indiquent complètement le contraire! 

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– Peter Chiarelli serait prêt à écouter toutes les offres présentement.

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– Johnny Gaudreau excelle pour briser une égalité!

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Statistique intéressante: seulement trois joueurs depuis 2005 ont réussi à inscrire 30 dans une saison en ne tirant en moyenne que deux fois par match. 

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– Équipe Canada Junior misera beaucoup sur Mitch Marner à l’attaque: LIEN

– Sans Karlsson, les Sénateurs ne sont rien de plus qu’une équipe ordinaire. LIEN

Et certains internautes se moquent de ceux qui n’aiment pas les défenseurs audacieux en offensive! Hahahah!

En plus, Karlsson est plus que décent dans sa zone (durant la faible portion de temps qu’il y passe, évidemment).

Karlsson est en train de connaitre une saison exceptionnelle à tous les niveaux. Il pourrait même être considéré pour le Hart cette année. Au final, l’immense impact qu’il exerce sur son équipe coiffe tous les petits défauts mineurs dans son jeu en zone défensive.

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