Flynn déjoue les analyses | Byron prend son mal en patience | Impressionnant début de saison d’Alexei Emelin

Je prends trop de plaisir à ressasser les belles paroles de Marc Bergevin…

L’une de mes préférées? « Mes gestes ne visent pas à plaire aux partisans, mais bien à améliorer l’équipe. Ce n’est pas un concours de popularité. »

Ou quelque chose comme ça.

Remontons jusqu’au 2 mars 2015, soit la date limite des transactions. Cet exercice est, à mon sens, l’un des plus révélateurs pour jauger le savoir-faire d’un directeur général. Ils sont alors plus exposés que jamais aux gestes nerveux et aux risques mal calculés, mais, à l’autre bout du spectre, l’occasion est belle pour signer un coup fumant.

Bergevin a commencé sur les chapeaux de roues en s’offrant les services de l’excellent Jeff Petry, mais le reste de son travail – dans le moment, du moins – n’est pas passé à l’histoire. Les acquisitions de Brian Flynn et de Torrey Mitchell ont suscité des réactions pour le moins mitigées. Pourquoi avoir pigé dans la cour des Sabres de Buffalo, la risée du circuit? Pour mettre le grappin sur des plombiers, de surcroît!

La grossière erreur est de croire à tort que tous les joueurs de la pire formation de la ligue sont des boulets. On ne peut pas sous-estimer l’impact d’un changement d’air chez un joueur doté d’habiletés. La métamorphose qu’a subie Tyler Myers à Winnipeg a servi de leçon. Et que dire de la tenue défensive de Jeff Petry à Montréal, une facette de son jeu qui, jadis, était assombrie par son vulgaire dossier +/- à Edmonton.

On ne peut pas directement conclure qu’un arrière de la pire équipe défensive du circuit se veut corollairement un des pires défenseurs de la ligue. Dans la plupart des cas, cela garantit une analyse fautive. Même son de cloche du côté des attaquants, des gardiens, voire des entraineurs.

À la lumière des performances de la quatrième unité, on pourrait bonifier la note accordée au travail de Bergevin en mars dernier.

Quand diantre a-t-on vu un quatrième trio être confronté tantôt à celui de Crosby, tantôt à celui de Malkin? En fin de match, Mike Johnston a réuni l’artillerie lourde: Kessel, Malkin et Crosby sur une même ligne d’attaque. Qu’est-ce qu’on leur a collé dans les pattes?

Ce foutu quatrième trio.

Devante Smith-Pelly conjugue puissance et vitesse pour épuiser les défenseurs adverses. Torrey Mitchell est un emmerdeur de première classe avec son bâton.

Mais du lot, celui qui écarquille les yeux est Brian Flynn.

Avant le match d’hier, il se voulait l’attaquant ayant obtenu le plus de chances de marquer, avec 8. Il est la figure de proue, la bougie d’allumage de son unité.

S’il continue dans cette veine, Flynn pourrait devenir une mouture un brin moins talentueuse de Daniel Winnik. Un attaquant très intelligent, consciencieux de son jeu défensif et muni de mains étonnamment souples.

Certes, le taux de conversion de ce genre de joueurs ne se compare pas à ceux de calibre top-6. Mais ce qu’ils font le mieux, prendre des décisions éclairées avec la rondelle, freiner l’offensive adverse et générer du temps de possession en zone offensive, constitue une contribution précieuse.

Le différentiel +/- est considéré aujourd’hui comme une des statistiques les moins représentatives des performances d’un joueur, parce qu’elle ne tient pas compte du contexte. L’équipe pour laquelle le joueur s’aligne est-elle faible? Est-ce que le gardien ou les joueurs auxquels il est jumelé le sont? Fait-il face à une forte opposition? Son rôle est-il strictement défensif ou offensif?

Le hockey est l’un des sports les plus chaotiques. La ligne entre un but et une chance de marquer est floue et le hasard peut intervenir. Tout cela nous dit donc bien peu.

Or, si on s’attaque à un gros échantillon, cette information peut être drôlement révélatrice. Une donnée intéressante est le pourcentage de buts pour relatif à l’équipe. Le pourcentage des buts pour est, comme le mot l’indique, sensiblement un différentiel +/- exprimé sous un pourcentage des buts pour par rapport aux buts contre. On peut alors comparer le rendement que l’équipe d’un joueur X affiche sans lui à celui qu’elle affiche avec lui. Cela fournit un indice quant à l’impact qu’il exerce sur ses troupes.

Flynn, durant sa carrière, s’est souvent aligné pour des formations franchement modestes. Son impact n’est pas timide pour autant: en 172 matchs de saison régulière, son équipe n’a inscrit que 39.49% des buts lorsqu’il était sur le banc. En sa présence, elle a arraché 46,9% des buts pour, une différence de 6,61%.

Bergevin le décrit comme un joueur intelligent, rapide et polyvalent. Son analyse est vraisemblablement fondée. Il n’y a pas si longtemps, on le voyait comme une vulgaire entrave au développement des jeunes. Un chandail de trop.

En lui accordant une prolongation de contrat, l’ancien défenseur a gagné son pari. La saison est jeune, voyons voir s’il poursuivra sur sa lancée des dernières séries éliminatoires.

Paul Byron devra prendre son mal en patience 

Michel Therrien avait promis un départ à Paul Byron durant le périple à l’étranger. Pour les raisons qu’on connait, il a dû revenir sur ses engagements avant longtemps.

Combien de temps Byron devra-t-il attendre avant de se faufiler dans l’alignement? Au moment d’écrire ces lignes, les déboires de Dale Weise représentent sa seule issue.

L’ailier droit ne donne pas l’appui adéquat à ses compagnons de trio. Fleischmann et Desharnais se tuent au travail pendant que le Gretzky néerlandais regarde la parade passer.

En lever de campagne, Therrien a mis l’accent sur l’importance de travailler en unité de cinq, une consigne que Weise semble bâcler. Avec le coup de patin qu’il possède, il se doit de bouger davantage ses pieds et d’être plus dynamique. Le hic, c’est qu’il est bien difficile de parier contre lui, car il peut surgir avec un éclair de génie d’une minute à l’autre.

Toutefois, si la tendance devait se maintenir, on pourrait voir Flynn faire don de son énergie à la droite du troisième trio. Weise serait ainsi rayé de la formation le temps d’un ou deux matchs et une niche s’ouvrirait à l’aile gauche. C’est là où Byron ferait son entrée.

Emelin et Beaulieu

À bien y penser, la décision de préférer Emelin à Beaulieu à la gauche de la 2e paire était-elle juste? Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée…

Le plus grand ajustement apporté au système de jeu durant la saison morte réside dans l’implication des défenseurs. On encourage ces derniers à s’activer depuis la ligne bleue pour faciliter la transition en zone neutre. Puis, on les voit foncer très agressivement au coeur de la zone offensive afin de 1) stimuler la circulation de la rondelle, 2) maintenir la pression et 3) créer la confusion chez l’adversaire.

Cette nouvelle façon de faire sourit à Alexei Emelin, qui n’a jamais connu un début de saison aussi convaincant dans l’uniforme bleu blanc rouge. Il y a bien sûr l’effet Petry qui entre en ligne de compte, mais le travail individuel du Russe mérite les éloges.

On ne peut en dire autant de Nathan Beaulieu. Beaulieu a tous les atouts jouant en sa faveur: le maniement de rondelle, le coup de patin, l’intelligence, les instincts, la vision du jeu… Mais jusqu’à maintenant, l’étincelle n’y est pas. On le sent peu en contrôle, maladroit avec le disque. On ne voit pas assez régulièrement ce coup de patin d’élite…

Bien entendu, Beaulieu ne jouit pas de l’effet Petry. Sans être mauvais, son partenaire Tom Gilbert parait fragile à l’occasion. Sauf qu’à ce stade de son développement, il revient au jeune défenseur de mettre ses habiletés à profit et d’élever le niveau de jeu de son sbire, et non l’inverse.

Quatre matchs ne font pas une saison. Nate The Great aura amplement le temps de renverser la tendance. Mais la décision de jumeler Emelin à Petry demeure valide jusqu’à preuve du contraire.

En rafale
– Le rôle d’ailier de puissance va comme un gant à Lars Eller. Hier soir, il a été de loin le meilleur joueur de son trio, alors que Galchenyuk, et surtout Semin, broyaient du noir. À l’aile, il doit plus souvent en découdre le long des rampes, un endroit où il excelle en récupération de rondelle. Il détient plus d’opportunités pour converger au centre en utilisant sa charpente et n’est plus le distributeur assigné de son trio. Des responsabilités réduites feront des plus grands biens à sa confiance instable. Comme le dit Michel Therrien, quand Eller est dans son élément, il peut miser sur un sapré bon joueur de hockey…

– On reconnait Brendan Gallagher pour sa vitesse, son tir et sa fougue, mais pas pour ses qualités de passeur. Que ce soit en avantage numérique ou à cinq contre cinq, il a souvent gâché des jeux en tentant des relais à ses coéquipiers l’an dernier. À première vue, il a amélioré cette dimension de son jeu. Ses passes sont plus précises et elles respectent la foulée de ses compagnons de trio. On pointe l’absence d’un véritable centre numéro un à Montréal, mais ce n’est pas un problème présentement. Le 1er trio remplit toutes les attentes.

– Kurt Etchegary a été libéré par son équipe de la ECHL. LIEN #Dommage

– Trois joueurs des Sea Dogs ont été suspendus par la LHJMQ. LIEN

– Le défenseur Joe Morrow des Bruins est sur la touche… LIEN

– Eugenie Bouchard poursuit l’Association américaine de tennis! LIEN

– David Lemieux est d’attaque pour le grand duel! LIEN #Golovkin

– Charley Graaskamp, un joueur en provenance de l’Ontario, s’amène avec les Remparts. LIEN

– Rappelons que Trevor Timmins et Martin Lapointe ont indiqué que Lehkonen est l’espoir le plus sous-estimé du Canadien!

– Les Blue Jays signent une victoire spectaculaire et participeront à la série de championnat de la ligue américaine! LIEN

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