Échappée à Chicago

C’était un scénario tout écrit d’avance.

L’Impact a vaincu quelques démons à la maison samedi dernier en défaisant le Revolution de la Nouvelle-Angleterre par la marque de 4 à 2, mais ses démons sur la route se sont pointés à Chicago hier soir alors qu’il s’est incliné par la marque de 1-0.

On le sentait venir. L’Impact s’est bien défendu, a créé quelques bonnes occasions et était probablement la meilleure équipe sur le terrain mercredi soir, mais la défense a succombé dans les dernières minutes sur un tir dévié et le Fire s’est sauvé avec la victoire devant seulement une poignée de partisans.

Comme le match à Colombus en début de saison, les Montréalais ont offert une belle prestation malgré la défaite. On le sait, il est difficile de gagner à l’étranger en MLS, et on avait l’impression que l’Impact s’était offert tous les moyens pour retrouver ses bonnes grâces dans ce match, mais ce ne fut toujours pas suffisant. Un léger manque de concentration et une incapacité de bien gérer les dernières minutes d’un match ont encore une fois coulé l’équipe de Rémi Garde. Ce n’est pas catastrophique, mais la physionomie du match aurait dû permettre à l’Impact de récolter au moins un point, voire trois. Ces points bêtement échappés, comme ceux à Colombus, feront assurément mal en fin de saison, surtout dans le contexte d’une association de l’est extrêmement compétitive. À peine quelques jours après avoir quitté la cave du classement, l’Impact demeure loin d’une place en séries.

Si Bush a semblé faible à première vue sur le but, le ballon dévie sur la main de Samuel Piette et ne laisse aucune chance au gardien montréalais. Un but d’autant crève-coeur que Piette était probablement le joueur du match du côté de l’Impact hier soir. Puissant, intense, il s’est encore une fois imposé au milieu de terrain en récupérant nombre de ballons, interceptant des attaques adverses et relançant sans gênes vers ses coéquipiers. Il méritait beaucoup mieux.

Il reste que l’Impact a besoin d’un Nacho Piatti en grande forme pour être dangereux offensivement. Nacho a contribué à plus du trois quarts des buts de l’Impact cette saison, et on a vu à Chicago que l’équipe n’est pas la même lorsqu’il n’est pas dans son meilleur jour. Piatti était moins inspiré qu’à l’habitude, et ça s’est ressenti dans les performances offensives des Jackson et Edwards de ce monde.

Celui qui m’a un peu déçu, c’est Saphir Taïder. Il n’a pas mal fait, mais on s’attend à plus d’un joueur de sa trempe qui devrait dominer le milieu et être bien plus efficace balle au pied. On le sent hésitant en possession, il a souvent la tête baissée et ne trouve ses options que beaucoup trop tard, lorsque le jeu est déjà télégraphié. D’ailleurs, il doit délaisser son fameux passement de jambes vers la gauche, qui est prévisible et loin d’être efficace. On sait ce que Taïder peut donner à cette équipe, et c’est ce qui devient frustrant de le voir disparaître durant de longues minutes et ralentir les attaques par son manque d’inspiration. Il doit en donner plus.

Saphir Taïder doit en donner plus | Crédit photo : Greg M.

Le constat est un peu semblable pour Alejandro Silva. On comprend que son adaptation prend plus de temps que prévu, mais il tarde à démontrer les qualités qui justifient son acquisition à près de 2 millions de dollars par l’Impact de Montréal. L’ajustement est peut-être plus complexe en raison de son nouveau poste, mais où sont ses qualités balle au pied?

Aussi, le match d’hier soir a encore une fois exposé la principale lacune de l’Impact de Montréal : la défense latérale. Peut-être encore un peu blessé, Petrasso n’a toujours pas convaincu qu’il peut être plus utile que Chris Duvall à droite, et ce n’est pas parce que l’américain joue tellement mieux que le Canadien. Daniel Lovitz, quant à lui, démontre les mêmes limites qu’il a toujours démontrées. Si ses centres sont parfois décisifs dans la surface, ils semblent être sa seule arme et deviennent donc prévisibles. Défensivement, il a tendance à se livrer beaucoup trop vite et donne beaucoup de surcharge à Raitala en défense centrale.

De quoi donner quelques munitions à cette nouvelle rumeur…

On envoie surtout Lichtsteiner du côté de Dortmund, et je ne suis pas convaincu qu’il soit réellement une solution pour Montréal à 34 ans, mais le fait est que l’équipe a un criant besoin de renfort à cette position. On le disait déjà l’an dernier, et ça n’a toujours pas changé en 2018 : Daniel Lovitz est un réserviste pour une équipe gagnante MLS, et on se doit d’affirmer la même chose pour Duvall et Petrasso avec ce qu’ils ont montré jusqu’ici cette saison.

Au moins, la défense centrale a tenu. J’étais surpris de voir Raitala de retour, mais le finlandais se débrouille plus que bien et offre un travail très honnête. Intense, il se donne sur chaque ballon et ne se fait jamais prendre dans le dos par l’adversaire. À ses côtés, Rod Fanni fut probablement le meilleur joueur de l’Impact à Chicago avec Samuel Piette. Puissant, il a repoussé nombre d’attaques du Fire et on oublie facilement ses 36 ans par son agilité et sa compréhension supérieure du jeu. Surtout, il défend constamment debout, contrairement à ce dont nous a habitués un certain défenseur belge…

Pas la fin du monde, donc, mais tout de même dommage. L’Impact n’a plus droit à l’erreur et doit vaincre l’Union de Philadelphie samedi pour sortir de cette dure semaine avec au moins 6 points. 7 ou 9 auraient été préférables, mais 6 seraient acceptables…

DANS L’ABRI
– Grosse rumeur hier alors qu’un compte twitter un peu douteux annonçait la venue de l’attaquant Fernando Torres à Montréal comme chose faite, et pour 1,5 M en salaire comme joueur TAM, et non comme DP. Une rumeur qui serait semblable à ce qu’entend le journaliste Jérémy Filosa…

Une rumeur qui a toutefois été démentie rapidement par Rémi Garde…

Il faut probablement se fier à l’entraîneur sur celle-là, même si l’état-major de l’Impact est historiquement loin d’être un exemple en matière de transparence. L’espagnol de 34 ans qui évolue avec l’Atletico Madrid et qui s’est surtout fait connaître en ligue anglaise avec Liverpool et Chelsea demanderait un plus gros salaire, ce que ne serait pas prêt à payer l’Impact.

Au risque de me répéter, j’ai l’impression que d’autres secteurs de l’effectif ont des besoins plus criants…

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ALLONS.

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