Début décevant? Galchenyuk fait de très, très bonnes choses | Les IceCaps l’emportent face aux Marlies

Après 17 matchs de saison régulière, un des consensus qui semble se dégager de 2015-2016 est que Galchenyuk connait un début de campagne franchement… moyen. Ni bon. Ni mauvais. Mais, assez moyen, du moins, selon les standards d’un troisième choix au total endossant l’uniforme du Tricolore. Relativement à d’autres attaquants qui ont surpris dans les premiers milles, on aimerait voir un joueur avec autant de talent s’élever au-dessus de la mêlée.

L’Américain ne figure qu’au 9e rang des marqueurs de son club, avec le même nombre de points que Tomas Fleischmann, un agent libre qui a dû convertir un essai professionnel en contrat pour jouer dans la LNH. Galchenyuk s’est fait damer le pion par un autre centre, David Desharnais, qui, avouons-le, a contribué plus que lui aux succès du CH jusqu’à maintenant. Ses ailiers Eller et Semin ont connu des passages à vide. Par-dessus tout, il est la pièce névralgique du trio ayant été le plus inconstant.

Mais quelle partie du blâme mérite-t-il vraiment?

Avec des preuves légitimes, il est possible d’avancer que Galchenyuk doit en donner plus, voire que sa tenue inquiète. Sauf que nous n’avons que gratté la surface. En enlevant une couche après l’autre, en examinant plus en profondeur, on remarque que, d’un autre point de vue, l’Américain a bien amorcé la campagne et fait de très, très bonnes choses. Si bien que, s’il poursuit dans cette lancée, on arrêtera de s’inquiéter lorsque les astres s’aligneront.

Soit, le numéro 27 s’est contenté de 11 points, mais il faut distinguer la production et les opportunités. Galchenyuk a mieux saisi ses opportunités que bien des attaquants chez le Canadien. Il arrive au 5e rang de l’équipe pour les points par rapport au temps de jeu (à 5 contre 5), avec 2,16 points par heure jouée. En quoi est-ce excellent? En 2014-2015, Patrick Kane (2.18 pts/heure de jeu…), Jonathan Toews (2.17), Kyle Okposo (2.16), Mike Ribeiro (2,16), David Backes (2,15), Jarome Iginla (2,15), Steven Stamkos (2,15), Martin St-Louis (2,14), Zach Parise (2,13), Jakub Voracek (2,12) et Brandon Saad (2,08) ont affiché des résultats semblables. Mince échantillon, vous me direz, mais c’est bien ce qu’on évalue, un début de saison? Ne disons donc pas qu’il en connait un moyen!

Notons que Galchenyuk a évolué avec quatre différents ailiers droits: Semin (101 minutes), Smith-Pelly (45 minutes), Flynn (26 minutes) et Byron (12 minutes). Son ailier gauche, Lars Eller, est davantage la conscience défensive pouvant effectuer le sale boulot qu’un franc-tireur à tout casser. Aussi, son trio a été le plus fréquemment jumelé à la paire la moins efficace du Canadien sur le plan offensif (bien qu’elle se replace lentement, mais sûrement), celle de Beaulieu et de Gilbert. Dans la même veine, Galchenyuk a peu bénéficié du savoir-faire de Markov et de Subban, même s’ils ont contrôlé plus de 60% des tirs lorsqu’on a bien voulu déployer les trois simultanément.

Si on lui reproche de nourrir sporadiquement ses ailiers, le jeune de 21 ans revendique le même nombre de passes dites « primaires » que Desharnais, avec quatre assistances décisives sur les buts de ses coéquipiers. Il a également obtenu un point sur tous les buts que son équipe a inscrits lorsqu’il était sur la glace, prouvant qu’il assume son rôle de pivot et se veut au coeur des actions offensives de son unité.

Dans les deux sens

Parce qu’il est jeune, qu’il apprivoise une nouvelle position et qu’il cache bien mal ses descendances russes, avec sa créativité et ses feintes extravagantes, on serait porté à croire que les problèmes de Galchenyuk ne sont pas à l’attaque, mais bien dans l’aspect défensif du jeu.

Or, même si tout n’est pas parfait, il y a certainement des signaux positifs qui émanent de son implication sans la rondelle et ce, depuis l’amorce du camp d’entrainement. Des signaux qui nous font mieux comprendre pourquoi Bergevin et Therrien souhaitaient ultimement faire de lui un pivot imposant et responsable.

Un avantage que lui a conféré sa transition au centre est d’avoir étendu son champ d’action. De cette façon, il a pu maximiser deux de ses qualités: son dynamisme et sa longue portée. Une force silencieuse du jeu de Galchenyuk réside dans la récupération des rondelles libres, lui qui a gagné beaucoup de coffre durant les deux derniers étés. Littéralement, Alex fond sur les disques tel un enfant colérique en agitant frénétiquement son bâton. Un trop-plein d’énergie qui n’est pas sans perturber l’exécution du porteur adverse, en repli comme en échec avant.

Et que dire de son talent à initier les breakouts et pénétrer la zone offensive, qui est plus que jamais mis en vitrine. Galchenyuk fournit une contribution dans les trois zones, aussi maladroite peut-elle être, et il offre généralement un appui solide à ses défenseurs en fond de territoire.  Ce n’est pas une coïncidence si, en date du 9 novembre, il devançait tous les attaquants du Canadien au chapitre des sorties de zone contrôlées.

Dans les faits, Galchenyuk met les chances de son côté pour éventuellement être récompensé par les dieux du hockey: il produit bien qu’on l’utilise parfois moins que Torrey Mitchell, il est impressionnant défensivement même s’il n’en est qu’à sa première année à une nouvelle position,  il compose avec des ailiers qui ne sont pas nécessairement offensifs et il nous gâte avec plus de manoeuvres électrisantes en zone neutre. Matt Pfeffer, le spécialiste des statistiques avancées du CH avait prouvé à l’aide d’une étude que la mutation d’un ailier au centre entrainait une baisse de régime au chapitre de la production, en raison de l’augmentation des responsabilités. Cette période d’adaptation est donc plus que normale, on pourrait presque dire que le jeune en a contré certains effets.

Une autre étude, cette fois de la plume de Travis Yost, de TSN.ca, a montré que les attaquants de la LNH généraient leur plus grand nombre de chances de marquer en carrière aux alentours de 22 ans, ce qui est très jeune. La patience est une vertu, mais pour Galchenyuk, qui a 21 ans et trois saisons professionnelles derrière la ceinture, le dernier bourgeon ne devrait pas tarder à éclater.

En rafale
– Hier soir, les IceCaps accueillaient la meilleure équipe de la ligue américaine, les Marlies de Toronto. Le match était le premier d’une série qui sera diffusée à RDS (avec Stéphane Leroux et Norman Flynn à l’analyse). Les hommes de Sylvain Lefebvre l’ont emporté au compte de 3 à 2, en surtemps! Christian Thomas (qui continue d’impressionner), Charles Hudon et Darren Dietz ont marqué les buts. McCarron, Andrighetto, Holloway, Lernout et Ellis ont récolté des passes. Nikita Scherbak s’est fait plus silencieux, mais faut-il vraiment préciser qu’il s’agit d’un projet à long terme qu’on ne jettera pas dans la fosse aux lions? LIEN

Il semble qu’à RDS, on a diffusé le match en différé… Dommage!

À noter que les IceCaps jouent à nouveau dès samedi.

– Angelo Miceli a été rappelé par les IceCaps, lui qui a amassé six points en huit matchs à Brampton, dans la ECHL. LIEN

– Ronda Rousey était agitée!

– Rien ne va plus chez les Flyers, qui manquent de vitesse et de leadership. LIEN

– Andrei Markov est en route vers sa campagne la plus fructueuse…  à 36 ans! LIEN

Soyons réalistes, ça ne pourra durer!

– Des statistiques intéressantes à travers la LNH. Bien content de voir Gomez faire taire ses détracteurs après l’enfer qu’il a vécu à Montréal! Il n’en demeure pas moins qu’il était un centre d’élite à New Jersey dans ses belles années…

– Le jeune Francis Perron éblouit la LHJMQ! LIEN

Il éblouit aussi les Sénateurs d’Ottawa, l’équipe qui l’a repêché!

– Bien entendu, le CH peut se la couler douce, mais il n’a aucun intérêt à le faire.

En terminant, toutes mes pensées vont aux victimes du cruel attentat de Paris… C’est dans ces moments qu’il est important de rester solidaires. 

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