Dale Weise : le nonchalant stratégique

Dale Weise représente une énigme pour la communauté des statistiques avancées. Tout en affichant des indices de possession de rondelle risibles, il ne cesse de surprendre avec des éclairs offensifs opportunistes. Ceux qui ne jurent que par les analytiques se rangent donc par incompréhension derrière l’excuse de la chance.

Le hic avec les nouvelles données de possession de rondelle, c’est qu’elles effectuent une analyse de surface qui dévalorise l’apport de certains joueurs atypiques. Weise est une de ces anomalies.

Glisse stratégique

Dans la LNH, les attaquants qui dominent la possession offrent un effort soutenu dans les deux sens de la patinoire, procurant à leur équipe plusieurs occasions de tirer au but. Leur positionnement est efficient, leurs choix de jeu intelligents, et leur lucidité au-dessus de la moyenne.

Weise se moque un peu de ces modèles de sagesse qui pratiquent une couverture impeccable. Le Gretzky néerlandais, comme on s’amuse à l’appeler, prend un plaisir fou à défier les probabilités dans les trois zones. Après la mise en jeu, il peut piquer un sprint pour s’évader à l’autre extrémité de la patinoire même si son équipe n’a pas gain de cause. En territoire défensif, il ose prendre un pas d’avance avant que son équipe ne s’assure de prendre possession de la rondelle. En zone offensive, il lui arrive de ménager les efforts en échec avant pour se laisser flotter dans les zones oubliées.

Sur les deux séquences suivantes, on le voit tricher après la mise au jeu pour devancer ses couvreurs.

Le risque qu’il prend est énorme et peut faire mal à l’équipe comme on le voit plus haut. Mais étrangement, il a plus souvent gain de cause qu’autrement.

La plupart de ses buts sont marqués en se fondant dans le décor près de l’enclave. Tiens, prenons en exemple son but égalisateur, dimanche. Il amorce la séquence complètement à l’écart du jeu pour finalement se retrouver fin seul devant un filet désert.

Grâce à son intuition offensive, Weise parvient à s’isoler en douce dans l’enclave et ouvrir une ligne de passe.  Il s’y est ainsi pris pour marquer près du 3/4 de ces buts cette année. QI hockey, mesdames et messieurs. 

Appelons ça la glisse ou la nonchalance stratégique, peu importe, les résultats sont là. Ce « je-m’en-foutisme calculé » lui sert bien dans les moments critiques, comme en témoigne la soirée d’hier.

Autre particularité du Greztky néerlandais : il est un des rares plombiers de luxe préférant la passe au tir. Ce qui laisse place à de jolis élans créatifs.

Au hockey, on évoque souvent la notion de top-6, qui désigne les six meilleurs attaquants de l’équipe répartis sur les deux premiers trios. Eh bien, au compte des chances de marquer individuelles, Weise pointe exactement au 6e rang des attaquants du CH, avec 92. Il se classe également 6e pour le nombre de passes primaires. 15 de ses 19 mentions d’aide en saison régulière sont des premières passes – donc pas des points gratuits. Enfin, le natif de Winnipeg est bon premier pour le ratio de pénalités provoquées par tranche de 60 minutes.

Weise ne joue pas à la manière d’un monstre possession de rondelle, faute d’être assidu dans les trois zones, mais son apport offensif n’est pas moindre. Michel Therrien a un as dans sa manche qu’il doit utiliser avec une certaine parcimonie pour laisser la magie opérer.

En rafale 
– Jarett Stoll a de méchants problèmes!

– Le Canadien prend ça relax au spa à Mont-Tremblant… LIEN #RechargerLesBatteries #PanserLesBobos

– Le jour de la loterie, Eric Lindros a fait jouer la même cassette que McDavid. Il ne veut pas être le gars qui laisse tomber son équipe. Il paraissait également aussi déçu que le prodige ontarien. Des signes avant-coureurs? LIEN

J’aurais bien aimé McDavid à Philadelphie, moi… #RivalitéAvecCrosby

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