Connor McDavid: le prochain #1 de la LNH | Échanger Draisaitl ? Ryan Nugent-Hopkins ? Yakupov ? Non, non et non !

Ce qui rend McDavid si spécial, ce n’est pas son étonnant nombre de points. À ce compte, Sidney Crosby affiche un ratio de points par match supérieur à lui à son année d’admissibilité au repêchage. Ce qui sort McDavid du lot, c’est son style de jeu unique en son genre qui nous empêche de dresser une comparaison avec tout autre joueur de la LNH. McDavid n’est pas le prochain Lemieux, Crosby, Gretzky ou Ovechkin. Il est simplement le prochain McDavid. Et le prochain numéro un du circuit Bettman, n’en déplaise à Sidney Crosby.

Je vous parlais hier de la vitesse du 97. Pas seulement son coup de patin, mais la façon dont il s’y prend pour gagner un pas de plus sur son couvreur. Par exemple:

Remarquez avec quelle aisance il se libère du premier joueur suédois. Il ne dévie pas de sa route pour l’éviter. Il se dirige droit devant lui sans même le regarder et, d’un maniement de bâton vif comme l’éclair, il se débarrasse de ce vulgaire obstacle en gardant sa vitesse de pointe. Il continue de se laisser glisser sans effort avec la rondelle avec deux chandails jaunes à ses trousses. Encore une fois, il ne daigne même pas de regarder le jeu qui se développe à sa gauche.  McDavid reconnaît instinctivement qu’on lui applique une double couverture et faufile la rondelle entre ses deux couvreurs pour repérer un coéquipier dans l’enclave. On appelle ça la mémoire spatio-temporelle. Sans lever les yeux, il savait qui était où et qu’est-ce qui se tramait autour de lui.

Il y a aussi son changement de direction et sa créativité ridicule. McDavid pense à des jeux qui n’effleurent même pas l’esprit des meilleurs fabricants de jeu de la LNH. Ça devient problématique pour les défenseurs, qui n’ont pas la traître idée de sa prochaine manoeuvre.

Je porte votre attention vers le #18 des Suisses sur la séquence. Regardez-le se faire complètement fourvoyer par le changement de vitesse de McDavid. Le pauvre aurait juré qu’il poursuivrait sa route derrière le filet, mais non.

Pour finir, un aperçu de ses mains incroyablement vives.


Échanger Draisaitl ? Ryan Nugent-Hopkins ? Yakupov ? Non, non et non !

À lire plusieurs d’entre vous, la solution magique chez les Oilers est d’échanger Leon Draisaitl, Ryan Nugent-Hopkins ou encore Nail Yakupov.

Attendez un peu.

Il ne faut pas oublier à quel point la ligne de centre est déterminante dans les succès d’une équipe. Bien sûr, les Oilers accueilleront bientôt ce qui sera à mon avis le meilleur pivot de toute la ligue, mais encore faut-il parvenir à un équilibre de quatre trios.

Cette année, John Tavares, Nicklas Backstrom et Claude Giroux ont été les centres les plus utilisés de la ligue en 5 contre 5. Vous savez qui est le quatrième ?

Ryan Nugent-Hopkins, avec plus de 15 minutes par match disputées à forces égales.

Mettons tout cela en perspective. Un jeune imberbe de 21 ans pesant à peine 180 livres est envoyé coup sur coup contre les gros bœufs de l’Ouest – et les meilleurs, de surcroît – et doit se faire justice avec une défense ordinaire et un gardien chancelant. À ce stade, on peut se montrer indulgent et s’attendre à de bien piètres résultats.

Figurez-vous que dans ces conditions, les Oilers ont vu 48% des chances de marquer aller en leur faveur avec RNH sur la glace. Sans lui ? Seulement 44% des chances.

Certains lecteurs se plaignent de l’abondance de statistiques avancées sur le site depuis quelques mois. Il ne faut pas se méprendre, je ne me fie pas exclusivement à ces données. J’utilise les chiffres pour appuyer quelque chose que je vois sur la glace en regardant les matchs, et non le contraire. Il appert seulement que c’est le meilleur outil pour illustrer ce que je vois, car il est délicat de trouver des séquences de jeu précises pour expliquer un point de vue.

Nugent-Hopkins n’est pas une lourde présence le long des rampes. Il n’est pas dominant en échec avant. Mais chacun de ses mouvements est intelligent, planifié comme un jeu d’échecs. De plus en plus, les petits joueurs arrivent à se procurer un avantage avec leur tête et non avec leurs muscles. C’est tout aussi efficace, sinon plus.

Avec McDavid qui prend les rênes du 1er trio, RNH pourra espérer un déploiement favorable face à une opposition moins féroce. Et Leon Draisaitl ira pivoter la 3e unité quand la situation s’y prêtera. Les Oilers pourront alors se targuer d’aligner l’une des meilleures lignes de centre du circuit.

Les Oilers ne peuvent pas se permettre d’échanger Draisaitl. Il est un gros bonhomme protégeant bien sa rondelle, doté de bons instincts offensifs. La limite de son potentiel reste encore floue. Dans de telles circonstances, les erreurs du passé ont prouvé qu’il valait mieux s’en tenir au statu quo.

On ne vend pas un bijou avant de l’avoir poli. Idem pour Nail Yakupov. On parle souvent des transactions low-risk high-reward. Se départir de Yakupov serait plutôt un échange high-risk low-reward. Sa valeur est au plus bas après deux saisons décevantes. MacTavish peut croire autant qu’il veut que le Russe deviendra un attaquant de 1er trio, je lui souhaite la meilleure des chances pour vendre sa salade aux 29 autres DG.

Le problème avec Yakupov n’est pas son éthique de travail, son comportement ou sa préparation. Au contraire, vous n’aurez jamais vu pareille bombe d’énergie survoler la patinoire d’un bout à l’autre. Yakupov est très rapide sur ses pieds, mais son processeur hockey, lui, est plutôt lent, ce qui donne un méchant bordel pas toujours beau à voir. Ses coéquipiers n’arrivent pas à le saisir et lui-même ne sait trop ce qu’il fait sur la glace par moments. Mais les outils sont là et l’expérience du vétéran Derek Roy – qui maîtrise bien l’art de patienter avec la rondelle et garder la tête froide – l’a aidé à synchroniser sa vitesse avec ses neurones.

Yakupov n’est pas si loin du prolifique marqueur qu’on voyait en lui chez les juniors. Sa fougue et son dynamisme, lorsque mis à profit avec un minimum de structure, ont donné toutes sortes de problèmes aux défenses adverses en fin de saison. Il a bouclé sa campagne en ayant généré le plus grand nombre de chances de marquer individuelles de son équipe, avec 153 ! C’est plus que ce qu’ont récolté Nugent-Hopkins, Eberle et Hall !

On ne peut certes nier le fait que les Oilers ont besoin d’un défenseur de premier plan pour faire avancer la reconstruction. MacTavish ne serait pas fou d’utiliser Teddy Purcell et le choix de 1re ronde obtenu des Penguins en guise d’appât. Et si les Bruins étaient intéressés à leur refiler Zdeno Chara, qui approche la fin de carrière ? Il amènerait une présence physique salutaire au sein de la brigade et tous les défenseurs pourraient bénéficier de son expérience. Sergei Gonchar est un autre vétéran qui pourrait être signé à bas prix et qui partagerait son savoir à cette ligne bleue sans queue ni tête.

En rafale
– Quand même étonnant de voir Brett Lernout passer de défenseur chez les juniors à réserviste dans la LNH en l’espace de quelques semaines! Visiblement, la direction du Canadien aime ce qu’elle voit. #BlackAces

– John Tavares a marqué en prolongation cet après-midi pour donner la victoire aux Islanders. Les hommes de Jack Capuano mènent cette série 2-1.

– Ilya Kovalchuk a remporté la Coupe Gargarine dans la KHL. Raison de plus pour s’attaquer à un nouveau défi: la Coupe Stanley! LIEN

– Ça va de mal en pis pour Eugénie Bouchard…

– Vladimir Tarasenko: la pièce qui manquait aux Blues pour espérer gagner la Coupe? LIEN

 

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