À deux doigts de la folie et 2000 kilomètres de Nashville : chronique du voyage d’une vie

Un soupçon de folie est parfois tout indiqué pour compléter la recette d’un périple. Quelques passionnés de hockey sont littéralement tombés dans la marmite, il y a quelques jours, en mettant le cap sur Nashville. D’un seul coup de tête, ils ont quitté leur Saguenay natal pour emprunter la longue route menant jusqu’au Tennessee, dans l’intention de prendre une bonne bouffée de la frénésie dont était empreint le territoire des Prédateurs, en ce printemps 2018. Quelques 5 000 kilomètres plus tard, les huit amateurs, à peine rentrés au bercail, parlent du voyage d’une vie.

Le plan de match était simple. Aller à la rencontre des partisans, fouler la glace de leur temple pour y jouer une partie de hockey et revenir, la tête débordante de souvenirs, le chandail noirci par les autographes, le téléphone rempli de photos. Leur adversaire, c’était le temps. Quatre petites semaines de préparation au travers desquelles se sont dressé bien des embûches, mais dont aucune ne vint à bout de la folle idée qui avait pris forme, lors de cette fameuse soirée du 6 avril.

« On s’est permis de rêver sans aucune limite. Ce soir-là, tout était possible. Nous sommes partis de là déterminés à réaliser un trip de hockey inoubliable ! » – Marc-Antoine Simard, l’un des organisateurs du voyage.

Après la perte de quelques moussaillons en cours de planification, l’obtention d’un permis de la SAAQ pour piloter un minibus, la trouvaille d’un logement pour un si grand groupe, la réception d’un passeport la veille du départ et 24 heures de route, les huit Saguenéens arrivaient enfin en terre promise. À peine 15 minutes plus tard, leur chemin croisait celui de sept joueurs des Jets, dont Byfuglien, Myers et Perreault. C’était le début d’une suite de rencontres inoubliables qui allaient se chevaucher à un rythme effréné.

Devant l’impossibilité de disputer leur match au Bridgestone arena, les voyageurs ont une fois de plus relevé les manches de leurs chandails jaunes pour se dégotter un accès au Ford Ice Center, soit le centre de pratique des Prédateurs. Ce coup du sort a rapidement tourné en leur faveur, alors qu’ils y ont croisé un certain Mike Ribeiro. Guidé par la résonance d’un accent québécois prononcé, ce dernier s’est présenté à eux, tout sourire. L’ancienne gloire de l’équipe locale a pris quelques photos en leur compagnie, avant de leur servir un judicieux conseil en vue de leur match.

« Prenez ça relaxe et buvez une petite bière avant » – Mike Ribeiro

Suivant les recommandations d’un de leurs adversaires lors de cette partie, le groupe se rend à l’aéroport le dimanche midi. Entassés dans une marée jaunâtre, le cœur revenu à l’enfance et la larme pas si loin de l’œil, ils y voient défiler les héros de l’heure, du directeur général au 7ième défenseur. Le festival de la photo et des autographes se conclut par une rencontre avec P.K. Visiblement impressionné par tout le chemin parcouru par ses admirateurs, il leur sert une poignée de main digne d’une amitié de longue date.

C’est le triste spectacle offert au Centre Bell depuis quelques temps et la nostalgie encore fraîche du numéro 76 qui, au départ, les a poussés à tourner le regard vers la ville du country. Cette énergie contagieuse qui débordait de leur écran de télévision à pareille date l’an dernier était encore plus palpable sur place. Ils y ont découvert une connexion sincère entre l’organisation et ses partisans.

« Je repense à tous les applaudissements quand David Poile est passé devant les fans dimanche matin. Tout le monde est d’accord pour dire que cet homme fait un travail incroyable. »

Cet engouement, les rues en étaient littéralement tapissées. Des tonnes de banderoles à l’effigie de l’équipe, des « tailgate », des bars diffusant les rencontres, des bières gratuites offertes aux partisans; les effets secondaires de cette nouvelle fièvre du hockey se voulaient flagrants.

« Je viens du Saguenay et on a la réputation d’être de bons buveurs. Mais à l’heure où on se réveillait hangover, il y avait déjà du monde sur le party dans les rues et dans des autobus sans toit (faites pour ça). C’était l’enfer ! » – Marc-Antoine Simard

Commandité en essence, en uniformes et en caféine par Radio X, le groupe a tout de même déboursé plusieurs billets verts en cours de route. Ne voulant pas mettre leurs efforts qu’au service de l’économie du Tennessee, ils se sont tous engagés à 10 heures de bénévolat (au sein d’organismes de leur région) pour chaque tranche de 100 $ amassée dans leur campagne de financement.

Ce sont des moussaillons bien exténués qui sont rentrés à la maison, suite à cette fin de semaine du 5 mai. Le portefeuille allégé, les yeux quelque peu cernés et les cordes vocales en voie d’extinction, mais des souvenirs plein les poches. 600 dollars par personne, cela peut paraître bien cher pour un aller-retour aux États-Unis, sauf qu’en y pensant bien, c’est l’aubaine du siècle pour une aventure aussi mémorable

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